Klaus Mäkelä dirige l’Orchestre de Paris dans Berlioz et Ravel

Le prodige finlandais démontre une fois de plus ses affinités avec la musique française

Le troisième album de Klaus Mäkelä avec l’Orchestre de Paris présente deux grands classiques de la musique française : la Symphonie fantastique de Berlioz et La Valse de Ravel. Il s’agit d’une musique inscrite dès l’origine dans l’ADN de l’Orchestre de Paris comme aucune autre. Aussi Klaus Mäkelä marche-t-il sur les brisées de ses illustres prédécesseurs : Charles Munch, Herbert von Karajan, Daniel Barenboim ou Christoph Eschenbach.

Pièce maîtresse de l’album, la Symphonie fantastique bénéficie de l’acoustique flatteuse de la Philharmonie de Paris. Le chef finlandais magnifie la virtuosité des musiciens de la phalange parisienne – rompue à cette musique depuis sa création en 1967 – tout en parvenant à faire surgir une lecture neuve. On admire le raffinement, la précision méticuleuse du nuancier, la splendeur des timbres. Les deux mouvements conclusifs écartent le débraillé au profit de la perfection de la mise en place, sans rien aliéner de la noirceur sardonique.

Les trois temps de La Valse, langoureux, chaloupés ou martelés

Maurice Ravel, au même titre que Debussy ou Sibelius, ressortit de ce premier XXe siècle musical qui forme le cœur de répertoire de Mäkelä. Fort d’une complicité de plus de cinq années avec les musiciens de l’orchestre, il livre une version d’une grande élégance, jouant en funambule avec les trois temps de La Valse, tour à tour langoureux, chaloupés ou martelés (terrifiante coda).

Jérémie Bigorie

Hector Berlioz : Symphonie Fantastique. Maurice Ravel : La Valse. Orchestre de Paris, dir. Klaus Mäkelä (1 CD Decca)

Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin.

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