Voix fraîche, débit spontané, Manon Savary a trouvé les mots justes lorsqu’elle a décrit les rapports avec son père, l’hénaurme Jérôme Savary. Cela ne sert à rien de vouloir s’imposer, a-t-elle dit, il faut simplement exister.
Elle a remarquablement évoqué les trois chanteuses qui se partagent la distribution de la Carmen de Bizet qu’elle met en scène avec Patrick Poivre d’Arvor dans le cadre d’Opéra en Plein Air.
Elle a aussi reconnu ses travers avec une saine franchise : son côté « grande gueule ». Bon sang ne saurait mentir.
A ce propos, certains ont pu s’émouvoir de sa diatribe concernant la DRAC. Elle a déposé une demande de subvention qui a été refusée. D’où colère ! Une auditrice, proche semble-t-il du ministère de la Culture, s’en est agacée et l’attribue au fait qu’elle serait « fille de » et donc considère comme normal qu’on la soutienne. Elle s’en explique sur son blog : http://michele-venard.over-blog.com/article-subventions-hereditaires-51420610.html
Je ne pense pas qu’il soit très élégant de voir les choses ainsi. Manon Savary est surtout une artiste, une femme passionnée, qui croit en ce qu’elle fait. Privilège de la jeunesse, elle réagit au quart de tour lorsqu’elle sent que son travail n’est pas reconnu à sa juste valeur et que des raisons d’ordre administratif freinent ses ambitions. Elle n’a pas donné l’image d’une personne arrogante et sure de son bon droit. Elle a reconnu s’être emportée exagérément. Donc pas de quoi en faire un fromage. Personnellement, j’irai voir son spectacle pour me faire une opinion. Ce qui ne semble pas être le désir de ceux qui préfèrent la fixer dans son arbre généalogique.
Voici son programme :
Morceau de musique classique que j’aime par dessus tout :
Purcell – King Arthur – The Cold song chanté par klaus Nomi.
Madeleines :
Army dreamers – Kate Bush
Killing in the name of – Rage against the machine
Cambalache – Julio Sosa
Morceaux de musique classique :
Dido and Eaneas – Henry Purcell – Acte III Mort de Didon
Carmen – Bizet – Ecoute écoute compagnon écoute.
La Traviata – Verdi – Duo Germont – Violetta « Dite alla Giovine »
King Arthur – Henry Purcell – Ouverture
Je ne t’aime pas – Magre / Weill
Mozart – Don Giovanni – il commendatore (final)