Rédigées entre 1773 et 1790, les trois partitions réunies sur ce disque permettent d’appréhender l’évolution de l’écriture de Mozart, du juvénile Concerto n°5 fortement influencé par Johann Christian Bach au dense et virtuose Concerto n°25 en passant par celui en ut majeur composé peu après sa rupture d’avec Colloredo, l’archevêque de Salzbourg. Le programme débute par le Concerto n°13 dont les premières mesures sont entonnées avec une énergie et une netteté remarquables, qualités qui constituent l’un des piliers de ces interprétations. L’assise sonore est sculptée avec une âpreté que tempèrent un sens de la théâtralité aigu et une maîtrise des équilibres sonores et des nuances dynamiques. Ce tissu orchestral inspire pleinement Olivier Cavé dont le jeu limpide et précis s’épanouit à merveille,en étroite symbiose avec l’orchestre. En témoigne le vaste Allegro maestoso du Concerto n°25 au sein duquel le pianiste et les musiciens dialoguent librement, avec une aisance naturelle, qui aboutit à une cadence magnifiée par la maîtrise technique de l’interprète. Au-delà de la virtuosité, la délicatesse du toucher du pianiste suisse éclaire la poésie des andantes, dépouillés et sans afféterie, soutenus par l’accompagnement chambriste et attentif des musiciens. Tout au plus,aurait-on espéré un surcroît d’intensité comme dans la gravure de Géza Anda avec la Camerata de Salzbourg (DG). Mais cette infime réserve ne saurait ternir l’éclatante réussite que constituent ces enregistrements,à mi-chemin entre les lectures sur instruments d’époque de Brautigam (Bis) ou de Levin (Decca)et celles de Brendel (Phillips) ou Perahia (Sony).
PIANO ET ORCHESTRE EN SYMBIOSE
Radio Classique
Dans cette interprétation de trois concertos mozartiens, le jeu limpide et précis d’Olivier Cavé est éclairé par un dialogue permanent avec les musiciens.