La mairie de Nantes annonce la fin de sa collaboration avec René Martin, fondateur du festival de musique classique La Folle Journée. Le directeur artistique de l’événement nantais fait l’objet d’accusations de dérives autoritaires et sexistes. La municipalité nantaise indique avoir fait un signalement à la justice.
Le Centre de réalisations et d’études artistiques (Créa), fondé par René Martin et gestionnaire de plusieurs festivals, dont La Folle Journée de Nantes, avait mandaté un audit après des révélations dans la presse sur des abus dans sa gestion financière et son management. Ses conclusions « démontrent clairement que les principes d’exemplarité, de respect des droits des salariés et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ont été bafoués », affirme la mairie dans un communiqué.
La municipalité évoque notamment « l’exposition des salariés à des contenus à caractère pornographique ». La ville de Nantes a précisé qu’elle avait adressé les conclusions de cet audit au procureur de la République « sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale » qui enjoint à toute autorité de saisir la justice lorsqu’elle a connaissance d’un crime ou d’un délit.
René Martin a démissionné de son poste de directeur du CREA
Fin septembre, une enquête de Mediacités et de La Lettre du Musicien avait fait état d’une « porosité entre dépenses professionnelles et dépenses personnelles » de René Martin, figure de la musique classique, également fondateur du festival international de piano de La Roque-d’Anthéron dans les Bouches-du-Rhône dont il est toujours directeur artistique.
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Les témoignages d’une vingtaine d’anciens et d’actuels salariés décrivaient un directeur artistique « omnipotent » faisant régner une ambiance de travail « très difficile » entre « compliments », « humiliation » et « emprise », dans un climat « hypersexualisé ». René Martin assurait de son côté n’avoir « jamais humilié personne » et « jamais eu directement de problème avec les employés ».
🔴Les révélations de Mediacités et de La Lettre du musicien sur la gestion financière et le management empreint d’hypersexualisation de René Martin mettent les collectivités et les festivals dans l’embarras. Particulièrement du côté de la mairie de Nantes.https://t.co/aRnYKrEhcn
— Mediacités Nantes (@MediacitesNtes) September 24, 2025
Dans un communiqué, publié au lendemain de cette annonce, René Martin se dit « indigné devant les interprétations tendancieuses et erronées du rapport d’audit commandé par le CREA ». Selon lui : « Les extrapolations qui en sont aujourd’hui tirées sont infondées, injustes et contraires à la vérité des faits (…) Ces accusations semblent reposer sur des témoignages anonymes, guidés par des motifs qui m’échappent à ce jour ». Le désormais ex-directeur artistique indique qu’il défendra « son honneur et la vérité par toutes les voies de droit face à ceux qui cherchent à salir (son) engagement et (son) œuvre ».
À la suite de ces événements, René Martin a annoncé qu’il démissionnait de ses fonctions au sein du CREA, le Centre de réalisations et d’études artistiques dont il était le fondateur et le directeur.
Philippe Gault (avec AFP)
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