Nommé en 2021 à la tête du Royal Philharmonic Orchestra de Londres, Vasily Petrenko estime que la capitale anglaise ne possède pas de grande salle de concert de musique classique. Le chef d’orchestre russe a évoqué cette situation et commenté le conflit entre la Russie et l’Ukraine dans un entretien à Van Magazine.
C’est un coup de gueule que pousse Vasily Petrenko. Interrogé par le journaliste britannique Hugh Morris sur son activité professionnelle à Londres depuis qu’il y dirige le Royal Philharmonic Orchestra. Il estime que, malgré la qualité de l’offre (une dizaine de grands orchestres classiques), la capitale anglaise ne dispose pas d’une grande salle de concert pour la mettre en valeur.
« Ce qui rendra Londres meilleure ? Sans aucun doute c’est de construire une bonne salle de concert, car elle n’en possède pas et c’est un problème. Regardez en Europe, n’importe quelle grande ville, n’importe quelle capitale, possède une grande salle de concert pour la musique classique. Londres, non ! Je suis désolé, mais non ! », s’insurge le chef d’orchestre russe qui ajoute néanmoins : « Il y a bien le projet de Frank Gehry (l’architecte qui a réalisé la Fondation Louis Vuitton à Paris, ndlr) à Wimbledon ». Mais Vasily Petrenko se demande si le gouvernement y mettra les moyens nécessaires.
« Le pouvoir de la musique est d’apporter des émotions qui unissent les gens »
L’entretien de Van Magazine aborde aussi des questions plus politiques, notamment ses liens avec la Russie, dont il s’est éloigné en 2022 au début du conflit avec l’Ukraine. il venait d’y être nommé directeur artistique de l’Orchestre symphonique académique d’État Evgeny Svetlanov. Vasily Petrenko, dont une partie de la famille est ukrainienne, dit espérer retourner en Russie une fois la paix rétablie.
« L’Ukraine et la Russie n’iront pas sur des planètes différentes, elles seront toujours voisines (…) Le rôle de la culture et de la musique sera donc de rapprocher ces pays, au moins dans une certaine mesure. C’est pourquoi j’espère pouvoir retourner y jouer », confie-t-il à Van Magazine.
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Le rôle de la musique est essentiel pour la réconciliation selon le maestro russe : « Vous allez dans une salle de concert, vous écoutez la musique, peu importe qui est assis à côté de vous. De quelle nationalité, de quel sexe, de quelle religion est cette personne. Ce n’est pas grave, car vous partagez finalement les mêmes émotions, c’est le pouvoir de la musique ».
Philippe Gault