Le doyen des chanteurs lyriques Robert Massard est mort à l’âge de 100 ans, dans sa ville natale de Pau. Habitué de l’Opéra de Paris où il s’est produit plus de mille fois, son enregistrement de Carmen avec Maria Callas fait toujours référence.
C’est dans un EHPAD de sa ville natale, à Pau où il naquit le 15 août 2025, que Robert Massard est mort vendredi 26 décembre. La préfecture des Pyrénées-Atlantiques où le centenaire fit sa dernière apparition publique le 14 septembre dernier à l’occasion d’une cérémonie et d’un concert donné par le chœur de l’Orchestre de Pau-Pays de Béarn en hommage au chanteur considéré comme « le plus grand baryton français de l’après-guerre ».
Pourtant rien ne prédestinait ce fils de garagistes palois à faire carrière dans l’art lyrique. Après avoir travaillé comme mécanicien, c’est pendant sa mobilisation dans l’armée que son timbre de voix est repéré par un officier mélomane. Après 1945, Robert Massard commence à se faire connaître au gré de concours régionaux et c’est à l’issue d’une seule audition qu’il est engagé en 1951 à l’Opéra de Paris par Georges Hirsch, administrateur de la grande institution à l’époque. Jusqu’en 1978, il se produisit plus de mille fois sur la scène du Palais Garnier.
Le concours international de chant lyrique de Bordeaux porte le nom de Robert Massard
Durant sa carrière qui s’acheva en 1984, Robert Massard a prêté sa puissante et chaude voix de baryton à une centaine de grands personnage de l’histoire de l’opéra dont celui du Figaro du Barbier de Séville de Gioachino Rossini, son rôle préféré. Mais c’est son interprétation du matador Escamillo, au côté de Maria Callas dans Carmen de George Bizet enregistré (par EMI) en 1964 avec l’orchestre et le cœur de l’Opéra de Paris dirigés par Georges Prêtre, qui marqua le public et les spécialistes.
A lire aussi
Après avoir chanté sur les plus grandes scènes du monde, du Bolchoï de Moscou à Carnegie Hall à New York, avec les plus grandes voix de l’époque comme Montserrat Caballé, Plácido Domingo ou encore Joan Sutherland, Robert Massard enseigna au conservatoire de Bordeaux dont le concours international de chant lyrique porte son nom depuis 2015.
De lui, le grand baryton français Ludovic Tézier disait : « À la maison, avec Georges Thill et André d’Arkor (ténors, ndlr), Robert Massard était dans l’air très régulièrement. Ils m’ont donné le goût d’une certaine perfection de l’expression vocale ».
Triste coïncidence, Gustave Botiaux s’est éteint deux jours plus tard à Montpezat-sous-Bauzon, en Ardèche, à l’âge de 99 ans. Ténor français reconnu, il avait fait les belles heures de l’Opéra-Comique et de l’Opéra de Marseille dans les années 60.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique