Un rapport de la Cour des comptes fait le constat que les maisons d’opéra en France peinent à diffuser leur programmation au-delà de leur lieu d’implantation. L’instance leur recommande d’ « améliorer, dans les meilleurs délais, la connaissance des publics » afin d’adapter leur offre.
Dans leur rapport, qui a porté sur l’examen de 12 institutions, sur les 30 que compte la France, depuis 2010, les Sages relèvent que la « diversification géographique, sociologique et générationnelle des publics peine à prendre forme. Le public reste concentré dans les métropoles; les actions en direction des jeunes – notamment du public scolaire – ne touchent qu’un nombre limité de classes, malgré des initiatives de qualité ».
Notant que la connaissance des publics « est inégale et souvent lacunaire », ils recommandent de l' »améliorer, dans les meilleurs délais » afin « de construire des politiques tarifaires adaptées et une stratégie d’attractivité ». Le prix moyen d’une place pour un spectacle lyrique, hors Opéra national de Paris, est de 40 euros (7 euros pour le jeune public), selon les chiffres de la Réunion des Opéras de France (ROF).
« La très grande majorité du financement de l’État est attribuée à l’Opéra national de Paris »
La Cour relève que ces maisons sont « toutes confrontées à la hausse de leurs charges, au premier rang desquelles la masse salariale, et des dépenses d’énergie qui ont fortement progressé dans un contexte inflationniste, au lendemain de la crise sanitaire ». Dans ce contexte, elle note que les recours aux coproductions, en progression, y compris à l’international, « sont l’une des réponses à la contrainte pesant sur la création artistique ».
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S’agissant de l’accompagnement du ministère de la Culture, elle constate que « la très grande majorité du financement de l’État est attribuée à l’Opéra national de Paris » et que « le mode de calcul des subventions attribuées aux autres maisons reste obscur et sans cohérence avec les obligations qui découlent » de ces établissements, qui de surcroît n’ont pas un statut et un mode de gestion homogène. Les Sages préconisent donc de « clarifier les critères retenus pour l’attribution des subventions« .
Le rapport stipule que la France compte 30 maisons d’opéra, « situées essentiellement dans les métropoles urbaines », qui « accueillent en moyenne deux millions de spectateurs par an », soulignant qu’elles « contribuent à la renommée et à l’attractivité culturelle de la France et des différentes régions ».
Philippe Gault (avec AFP)
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