Israël-Gaza : Lahav Shani appelle à « la compassion mutuelle »

Crédit : Marco Borggreve/Intermusica

Dans une tribune publiée par la presse israélienne le chef d’orchestre Lahav Shani, dont certains concerts ont été annulés, menacés de boycott ou perturbés, lance un appel moral adressé à la société israélienne, mais aussi à ceux qui, à l’étranger, prennent position contre Israël et ses artistes.

Depuis l’annulation, sous pression, de sa participation à la tête de l’orchestre Philharmonique de Munich, lors d’un festival en Belgique à Gand en septembre 2025, de la perturbation d’un autre concert à la Philharmonie de Paris et d’une menace de boycott d’une représentation de l’orchestre allemand, sous sa direction, en novembre à Bruxelles, Lahav Shani était resté très discret.

Ce jeudi, c’est dans le grand quotidien Israélien de centre-gauche Haaretz que le directeur musical du Philharmonique d’Israël, a décidé de s’exprimer longuement. Dans cette tribune, titrée «L’avenir d’Israël doit se construire sur la compassion et le courage », Lahav Shani plaide pour un État israël capable de défendre ses citoyens sans déshumaniser les Palestiniens, de reconnaître ses propres dérives sans renoncer à son droit à l’existence et de défendre ses artistes sans se soustraire à la critique.

« La musique n’a jamais mis fin à une guerre, mais elle nous enseigne beaucoup sur l’humanité »

À propos des critiques dont il a fait l’objet en tant que chef d’orchestre israélien, Lahav Shani s’insurge contre le fait que « Les artistes israéliens subissent de fortes pressions à travers le monde (…) Il est légitime d’exprimer une opinion, mais il ne l’est pas de réduire les autres au silence, de les intimider ou de recourir à la violence », faisant référence à un concert à la Philharmonie de Paris, en novembre 2025, perturbé par des militants propalestiniens.

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Mais c’est surtout sur la responsabilité politique des dirigeants israéliens que Lahav Shani a tenu à mettre l’accent dans cette tribune. Selon lui, ils doivent répondre de leurs échecs et de leurs paroles et la défense légitime d’Israël ne dispense ni de respecter les droits humains ni de faire preuve de compassion.

Ainsi, à propos de la situation en Cisjordanie, il estime que « Fermer les yeux sur les violences des colons, voire parfois les encourager, constitue un grave manquement moral qui compromet l’avenir de l’État d’Israël en tant que démocratie légitime », ajoutant: « J’espère que nous verrons bientôt émerger des dirigeants dignes, des dirigeants qui comprennent que la compassion et l’humanité ne sont pas des signes de faiblesse et ne remettent pas en cause la légitimité de notre droit à nous défendre ».

C’est en tant que citoyen israélien mais avec son ressenti de musicien que Lahav Shani conclut cette tribune. Pour lui « La musique n’a jamais mis fin à une guerre, mais elle nous enseigne beaucoup sur l’humanité, car elle nous oblige à écouter, à réfléchir et à ressentir. J’espère que nous pourrons tous être guidés par des personnalités pour qui la compassion, l’humanité et l’exemplarité sont des principes directeurs ».

Philippe Gault

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