Encore une fois, c’est sans s’être annoncé, à la plus grande surprise du public, que le roi Charles III s’est rendu à un concert à Londres. Dans l’église St Martin-in-the-Fields, le souverain britannique a assisté à une représentation du Messie de Haendel dirigée par le chef d’orchestre français Christophe Rousset.
Parrain de plusieurs grandes institutions musicales du Royaume-Uni depuis des années, Charles III ne prend pas ce rôle à la légère, même après qu’il a succédé à Elisabeth II en septembre 2022 et malgré ses ennuis de santé. Ainsi en 2024, on avait pu le voir à Covent Garden pour un concert du Royal Opera House dont il est le « protecteur royal » et au Barbican Center pour les 120 ans du London Symphony Orchestra, une autre grande formation qu’il parraine.
En ce mois de décembre, les apparitions surprise du roi d’Angleterre dans des lieux de concert londoniens s’enchaînent. Après l’église St Luke’s, où il a assisté, au début du mois, à la finale d’un concours de jeunes chefs d’orchestre, c’est à l’église St Martin-in-the-Fields que Charles III s’est rendu, sans tambour ni trompette de la renommée, le mardi 16 décembre pour suivre un concert.
« Le roi est arrivé sans prévenir. La grande majorité du public n’a même pas remarqué son arrivée »
Dans son blog, Cynthia Wilson, qui était présente à ce concert, raconte que « le roi Charles est entré sans prévenir. Il était accompagné de quelques personnes, mais sans véritable escorte. La grande majorité des personnes présentes n’a même pas remarqué son arrivée », ajoutant : « le fait qu’il soit le dernier à entrer dans l’église et le premier à en sortir ont été les seuls indices de son importance ».
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Dans l’église St Martin-in-the-Fields, le souverain britannique a pu assister à une représentation du Messie de Georg Friedrich Haendel que dirigeait Christophe Rousset à la tête des English Baroque Soloists et du Monteverdi Choir, deux des formations du Monteverdi Choir and Orchestras dont le chef d’orchestre français a pris la direction après la démission de Sir John Elliott Gardiner et dont Charles III est le parrain depuis 2010.
Depuis 1742, le public anglais se lève lors de l’exécution de l’Alléluia du Messie de Haendel
Le chef d’œuvre de Haendel revêt également une symbolique particulière pour la monarchie britannique. Il est en effet de coutume que le public anglais se lève lors de l’exécution d’un passage mythique de l’oratorio que le compositeur allemand, mais citoyen anglais depuis 1727, créa lors d’un séjour en Irlande en 1741. Le soir de sa création, un an plus tard à Dublin, le roi George II se leva, suivi par tout le public, en entendant l’explosion de joie de l’Alléluia. Depuis cette époque, la tradition perdure.
Sans oublier les Coronations Anthems (Hymnes du couronnement) de Haendel qui sont joués lors de chaque sacre des souverains britanniques depuis celui de George II en 1727.
Philippe Gault
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