Selon une étude commandée par l’Orchestre Philharmonique Royal de Londres une majorité, 56% des personnes interrogées, craint que l’Intelligence Artificielle étouffe l’innovation créative dans le secteur de la musique orchestrale et particulièrement la musique classique.
L’étude en question a été menée par l’institut UK Omnibus Group pour le compte de l’Orchestre Philharmonique Royal de Londres auprès d’un échantillon représentatif national de 2 000 adultes en 2025. Si les conclusions du rapport indiquent une belle hausse de l’intérêt du public adulte pour la musique orchestrale (35% contre 20% en 2024), notamment chez les moins de 25 ans (+ 175% en un an), elles révèlent une perception beaucoup plus circonspecte de cet échantillon concernant l’impact de l’intelligence artificielle sur la créativité dans le domaine de la musique.
Pour cette étude, les participants devaient estimer dans quels domaines artistiques l’IA aurait remplacé les humains d’ici 2050 et dans quels domaines elle ne parviendrait pas à égaler la singularité de la créativité humaine. Le résultat est assez éloquent : 56 % des personnes interrogées craignent que l’IA étouffe l’innovation créative, soit plus du double de celles qui pensent qu’elle stimulera la créativité (21 %). Dans le détail, 75 % d’entre elles ont estimé que cela n’apporterait pas grand-chose pour les concerts alors que 50% pensent que ce serait utile pour la musique enregistrée en studio.
Une majorité des amateurs de musique classique rejette la musique non produite par un humain
Pour Vasily Petrenko, directeur musical de l’Orchestre Philharmonique Royal de Londres, « En matière de création musicale, l’IA peut en théorie offrir la perfection, mais les grandes œuvres d’art le sont souvent précisément grâce aux imperfections humaines inhérentes à leur forme (…) Tout acte créatif comporte toujours une part d’hésitation chez l’artiste. La Symphonie inachevée de Schubert en est un exemple parmi tant d’autres. Ce type d’hésitation dépasse totalement les capacités de l’IA, tant sur le plan de la structure que sur celui de l’idée ».
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Une méfiance à l’égard de l’usage de l’intelligence artificielle qui corrobore une étude allemande publiée au début de l’année indiquant qu’une majorité des amateurs de musique classique sont plus enclins à rejeter la musique non produite par un humain, tandis que les amateurs de musique électronique y sont plus ouverts.
Curieusement, une autre étude, publiée par le l’Orchestre Philharmonique Royal de Londres en fin d’année 2025, a révélé que 58% du public britannique sont favorables à ce que l’IA crée de nouvelles musiques à partir d’œuvres d’artistes décédés. Étaient cités, dans l’ordre, Michael Jackson, suivi par Freddie Mercury, le leader de Queen, puis Bob Marley, Elvis Presley, John Lennon… Mais également WA Mozart, Ludwig van Beethoven et Jean-Sébastien Bach parmi les compositeurs classiques.
Philippe Gault
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