Gaza : Concerts interrompus, manifestations, tribune… la mobilisation des musiciens anglais donne lieu à des critiques

Akira Suemori/Shutterstock/SIPA

Interruptions de concerts, tribunes, manifestations… De nombreux musiciens classiques britanniques, soutenus par certains de leurs confrères européens, se mobilisent pour dénoncer la politique d’Israël vis à vis des Palestiniens de Gaza. Des actions qui suscitent des critiques dans le milieu.

Les actions pro Gaza se multiplient en Grande-Bretagne. En juillet dernier, après la manifestation d’un danseur sur scène, la réaction du directeur du Royal Ballet and Opera House avait provoqué la colère des musiciens. 200 d’entre eux s’étaient mobilisés pour dénoncer l’absence de condamnation par la compagnie du « génocide « subi par la population palestinienne à Gaza. Fin août, c’est pendant un concert des Proms au Royal Albert Hall que des militants propalestiniens ont provoqué l’interruption d’un concert de l’Orchestre symphonique de Melbourne.

Un mouvement qui a pris une nouvelle dimension avec la publication, le 6 septembre, d’une tribune intitulée Classical Music For Palestine. La version française de cette lettre ouverte, publiée par le Club de Mediapart indique que « plus de 300 musiciens et musiciennes français(e)s et internationaux (dont Jordi Savall, ndlr) condamnent le soutien des puissances occidentales à la politique génocidaire de l’État d’Israël (…) Ils appellent le milieu de la musique que l’on nomme classique à clarifier ses positions ».

«Une prise de position qui risque de transformer les artistes en porte-parole d’idéologies»

Dimanche prochain, c’est à Londres que les musiciens britanniques sont appelés à se joindre à la Marche des travailleurs de la Culture pour la Palestine qui aura lieu en milieu de journée et se déplacera entre la Royal Opera House de Covent Garden et le siège du Parlement à Westminster.

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Une mobilisation qui suscite des critiques dans le milieu classique et pas seulement en Grande-Bretagne. Ainsi, dans une lettre ouverte, en réponse à la tribune Classical Music For Palestine, le contre-ténor Andreas Scholl estime que « malgré le chagrin et l’indignation que suscite la situation à Gaza, la déclaration collective qui circule aujourd’hui dans notre milieu souffre d’un angle mort inquiétant : elle prive les Palestiniens de leur propre pouvoir politique », et ajoute : « elle ne mentionne jamais le Hamas qui a perpétré le massacre du 7 octobre et continue de retenir des civils israéliens en otage ».

En conclusion, le chanteur allemand écrit, dans cette lettre ouverte publiée sur son compte Facebook, qu’une telle prise de position de la part du milieu musical « relève d’un aveuglement sélectif qui risque de transformer les artistes en porte-parole d’idéologies plutôt qu’en défenseurs de la justice ».

Philippe Gault

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