États-Unis : le chef Andris Nelsons, limogé de l’orchestre de Boston, reçoit une vague de soutien

Crédit : BSO

L’annonce du limogeage d’Andris Nelsons de son poste de directeur musical du Boston Symphony Orchestra n’en finit pas de faire parler d’elle. Localement, dans la grande ville du Massachussetts, mais également dans tout le pays et même au-delà des frontières où le chef d’orchestre letton reçoit de nombreuses marques de soutien.

Pas certain que les joueurs de l’équipe de France de football qui ont affronté (et battu 2-1) le Brésil en match amical jeudi après-midi à Boston se soient précipités dans la soirée au Symphony Hall pour assister au concert consacré à la Symphonie n°9, du Nouveau Monde,  d’Antonin Dvořák et à des extraits de Nixon in China chantés par Renée Fleming et Thomas Hampton.


Les footballeurs français auraient également pu admirer la maîtrise d’Andris Nelsons à la tête de l’Orchestre Symphonique de Boston, dont il est le directeur musical depuis 12 ans, mais qu’il va devoir quitter, contre son gré, l’an prochain. Une révocation prématurée décidée unilatéralement par la direction du Boston Symphony Orchestra qui n’en finit pas de faire des vagues, non seulement dans le Massachusetts mais aussi dans le monde entier.

Les musiciens du Philharmonique de Berlin jugent cette situation « profondément préoccupante »

Lorsque le 6 mars, la direction de l’Orchestre Symphonique de Boston a annoncé qu’elle avait décidé de mettre un terme au contrat de son directeur musical en août 2027, le New York Times avait qualifié de « limogeage brutal » cette décision. Dans un premier temps, ce sont les musiciens du Boston Symphony Orchestra qui ont fait part de leur opposition à la mise à l’écart prématurée d’Andris Nelsons et lui ont exprimé, dans un communiqué, leur « soutien indéfectible ».

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Dix jours plus tard, lors de la première apparition d’Andris Nelsons au Symphony Hall, des dizaines de musiciens et d’habitués lui ont réservé un accueil chaleureux au cours duquel le chef letton de 47 ans n’a pas caché son émotion, versant quelques larmes. Dans la foulée, l’association des Amis du Boston Symphony Orchestra a exprimé sa « perplexité » suite à la publication d’un communiqué du conseil d’administration de l’orchestre justifiant sa décision au motif, notamment, que « la fréquentation des concerts a chuté de façon drastique ces vingt dernières années ».

 

Une position très critiquée dans la presse, notamment par le Boston Globe qui, dans un éditorial publié le 24 mars, accuse les administrateur du Boston Symphony Orchestra de s’être « retranchés derrière des discours creux et inutiles » et leur demande une justification « franche et publique » de leur décision. Quelques jours plus tôt, ce sont les musiciens du prestigieux Philharmonique de Berlin qui ont adressé une lettre aux responsables du Boston Symphony Orchestra dans laquelle ils se déclarent « surpris que les musiciens n’aient été ni consultés ni impliqués dans cette décision artistique », et jugent cette situation « profondément préoccupante ».

Ce jeudi, une délégation des musiciens de l’orchestre ont rencontré le PDG Chad Smith et des membres du conseil d’administration du BSO. Selon eux : « La réunion fut très tendue et, au final, frustrante. Nous n’avons reçu aucune assurance quant à la possibilité de rétablir la confiance, et des questions persistent quant à la transmission fidèle des positions et opinions des musiciens faite au Conseil d’administration avant la décision de licencier Andris Nelsons ». Par ailleurs, une pétition « citoyenne » a été lancée par des mécènes et des soutiens du BSO pour réclamer une réunion publique, en présence de la direction de l’orchestre, afin de débattre de son avenir et de son engagement dans la vie culturelle de Boston.

Philippe Gault

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