Un « limogeage brutal » ? L’Orchestre Symphonique de Boston va se séparer de son directeur musical Andris Nelsons

Crédit : Steven Senne/AP/SIPA

Alors que le chef d’orchestre letton bénéficiait d’un contrat à durée indéterminée, la direction du Boston Symphony Orchestra a décidé, à la surprise générale, de mettre un terme à cette collaboration en août 2027. « Le BSO et Andris Nelsons n’étaient pas sur la même longueur d’onde quant à leur vision d’avenir », indique le conseil d’administration de l’institution du Massachusetts.

Le New York Times a qualifié de « limogeage brutal » la décision surprise annoncée par le BSO, le 6 mars, de se séparer l’an prochain d’Andris Nelsons qui dirigeait le grand orchestre américain, ainsi que le Tanglewood Music Center (résidence d’été du BSO), depuis 2014. Dans un communiqué, Chad Smith, le président de la formation, précise : « au-delà de notre volonté commune de garantir que notre orchestre continue de jouer au plus haut niveau, le BSO et Andris Nelsons n’étaient pas sur la même longueur d’onde quant à leur vision d’avenir ».

Suite à cette décision, le chef letton de 47 ans a adressé aux musiciens de l’orchestre un message dans lequel il leur confie : « Bien que cette décision ne soit ni celle que j’avais anticipée, ni celle que je souhaitais, je reste pleinement engagé envers vous et notre collaboration. Je comprends que cette décision n’est pas liée à la qualité artistique, aux performances ou aux réalisations accomplies durant mon mandat », ajoutant qu’il s’engage à « préserver la musique, assurer la stabilité de l’orchestre et continuer à jouer avec les musiciens du BSO au plus haut niveau artistique ».

Les musiciens de l’Orchestre symphonique de Boston qui ont indiqué, sur leur compte Facebook, s’opposer « fermement à la décision du Conseil d’administration de mettre fin au mandat du Maestro Nelsons ».

Andris Nelsons accusé de multiplier les collaborations avec d’autres formations

Andris Nelsons ayant décliné une demande d’interview du New York Times et la direction du BSO ayant déclaré qu’elle ne donnerait pas plus de détails sur cette décision, il est difficile de déterminer les raisons exactes de ce divorce prématuré alors que le contrat du directeur musical avait été prolongé pour une durée indéterminée en 2024. À l’époque, Chad Smith, récemment nommé à la présidence de l’institution, déclarait que cette prolongation de son directeur musical reflétait « la profonde confiance de l’orchestre dans son leadership artistique ». De son côté Andris Nelsons confiait : « Le BSO n’est pas seulement mon orchestre bien-aimé, mais aussi ma maison ! ».

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Deux ans plus tard, l’histoire d’amour finit mal. Selon le New York Times, le maestro letton faisait depuis quelques temps l’objet de critiques « de plus en plus acerbes ». Il lui est surtout reproché de ne pas être assez présent auprès du BSO et de multiplier les collaborations avec d’autres formations telles que l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, dont il est le chef principal depuis 2017 ou, comme en ce moment, à la tête du Philharmonique de Vienne qui s’est produit ce mois-ci au Carnegie Hall à New York et au Trump Kennedy Center de Washington.

D’autres supputations évoquent une possible corrélation entre cette décision et le départ en retraite, en septembre prochain, d’Anthony Fogg, le vice-président du BSO en charge de la planification artistique qui avait œuvré pour la nomination d’Andris Nelsons en 2014.

Le bal des prétendants à sa succession semble déjà ouvert. Des rumeurs font état des noms de Dima Slobodeniouk, Susanna Mälkki, Philippe Jordan, Anna Rakitina, Elim Chan ou encore Joana Mallwitz.

Philippe Gault

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