Dans son ballet Le Baiser de la fée, Stravinsky rend un hommage direct à Tchaïkovski, à la fois par son sujet et sa musique même, qui cite des pièces pour piano de jeunesse de l’auteur du Lac des cygnes. Il tirera du ballet une suite orchestrale intitulée Divertimento, elle-même transformée en une agréable Suite pour violon et piano dédiée au violoniste américain Samuel Dushkin. Il fit de même avec la Suite italienne, transcription pour violon et piano d’extraits du ballet Pulcinella. Dans les deux cas, Dushkin mit la main à la pâte et cosigna les transcriptions. Sans offrir une énorme discographie, ces oeuvres ont tenté quelques grands noms, mais dans tous les cas, Solenne Païdassi les égale si elle ne les dépasse.
Pour un violoniste (mais aussi pour un pianiste), les pièces de Stravinsky requièrent des qualités opposées à celles qu’exigent celles de Szymanowski. Au Russe la netteté, la mélodie fermement dessinée et les rythmes acérés ; au Polonais la fluctuation, le miroitement sonore, et une sensualité plus affirmée. Les trois Mythes, souvent enregistrés, représentent l’un des sommets de la musique instrumentale de Szymanowski, l’oeuvre où se comprend le mieux sa fascination de l’Antiquité. On connaît moins ses trois Caprices de Paganini dans lesquels il surcharge trois des plus célèbres morceaux du violoniste italien, comme pour se les approprier et les intégrer à sa propre démarche. Une fois encore Solenne Païdassi et Frédéric Vaysse-Knitter se montrent admirables en tous points, comprenant parfaitement ces oeuvres. Frédéric VaysseKnitter est un magnifique partenaire, tout particulièrement chez Szymanowski où son propre tempérament peut également se libérer.
DEUX JEUNES MUSICIENS ENGAGÉS
Radio Classique
Solenne Païdassi et Frédéric Vaysse-Knitter démontrent à chaque instant de ce récital une formidable imagination sonore et coloriste.