Des flûtes vieilles de plus de 12.000 ans découvertes au Proche-Orient

Crédits : CNRS/Laurent Davin

7 flûtes taillées dans des os d’oiseaux et datant de la préhistoire ont été retrouvées sur le site Eynan-Mallaha, au nord d’Israël, rapporte un article publié vendredi dans Nature Scientific Reports. Une découverte exceptionnelle faisant de ces aérophones les plus anciens de la région.

Une équipe franco-israélienne, composée de chercheurs au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), a annoncé avoir mis au jour une collection de flûtes « appartenant aux Natoufiens, civilisation qui occupait le Levant entre 13.000 et 9.700 ans avant notre ère », précise la revue Scientific Reports.

Sept flûtes ont été retrouvées lors d’une fouille à Eynan-Mallaha, au nord d’Israël. Le site archéologique, situé dans la vallée de la Houla près du Jourdain, est une zone connue depuis les années 1950 pour contenir de nombreuses reliques de l’ancienne culture natoufienne.

Le CNRS précise qu’une seule flûte de 6,5cm est encore intacte

« Plus d’un millier d’ossements ont été extraits du site », et la nouvelle étude provient d’une réévaluation de ces reliques. Parmi l’échantillon de flûtes, « une seule était encore intacte ». L’instrument, d’une longueur de 65 mm, aurait été « taillé dans un os de petit oiseau marin », toujours selon l’article.

« Elles font probablement partie des plus petits instruments sonores préhistoriques connus aujourd’hui », précise Laurent Davin, du Centre de recherche français de Jérusalem et responsable des fouilles. Les sept exemplaires décrits dans l’article présentent des « signes évidents de modification d’origine humaine », tels que des perforations pour y placer les doigts.

Les sons émis par les flûtes étaient similaires à ceux des rapaces

A l’aide d’un logiciel informatique, les chercheurs ont pu mesurer « l’analyse spectrale » des sons émis par les flûtes. Etonnante fut leur découverte lorsqu’ils ont constaté que les « sons étaient similaires à ceux émis par les éperviers eurasiens et les faucons crécerelles », deux petits rapaces visibles dans la région.

 

Comme l’écrivent les auteurs, les flûtes pourraient avoir plusieurs usages : « pour faire de la musique, pour communiquer avec les oiseaux et pour attirer les proies ». Et, toujours selon eux, le choix de tels ossements par les Natoufiens n’étaient pas anodins. Seuls ceux-là permettraient de se rapprocher au mieux du son des rapaces, qu’ils utilisaient dans la « fabrication d’ornements ».

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Cette découverte est une mini-révolution dans l’étude des peuples paléolithiques puisque ces aérophones seraient les plus anciens instruments émettant un cri d’oiseau. En revanche, la plus ancienne flûte en os connue remonte à 40 000 ans avant notre ère dans la région souabe du sud-ouest de l’Allemagne.

Oscar Korbosli

 

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