Le centenaire de Wolfgang Sawallisch (1923-2013) aurait-il été « oublié » par les éditeurs de disques ? Toujours est-il que Warner et Decca se rattrapent désormais par deux coffrets respectifs de 65 et 43 CDs consacrés à l’art de ce « Kappelmeister » formé à l’ancienne, qui a notamment dirigé durant une vingtaine d’années l’Opéra d’Etat de Bavière à Munich, sa ville natale.
Pianiste de formation, primé au concours de Genève en 1949 et excellent accompagnateur toute sa vie, Sawallisch a commencé en tant que répétiteur à Augsburg, où il gravit les premiers échelons de chef. Après avoir assisté Igor Markevitch, il devient « Directeur général de la musique » à Aix-la-Chapelle de 1953 à 1958… comme un certain Herbert von Karajan naguère.
Il occupe ensuite des fonctions similaires à Wiesbaden, Cologne et Hambourg, avant de prendre la direction du Symphonique de Vienne de 1961 à 1972, puis de l’Orchestre de la Suisse Romande, avant de regagner Munich… et de partir aux Etats-Unis pour succéder à Muti à la direction de l’Orchestre de Philadelphie (1993-2003), avant de revenir en Europe pour un parcours de chef invité par les meilleurs orchestres, de Paris au Concertgebouw d’Amsterdam.
Sawallisch fut aussi un admirable chef d’opéra
Très tôt remarqué par l’illustre producteur d’EMI Walter Legge, Sawallisch a commencé sa monumentale discographie à la tête du Philharmonia dès 1954 : des enregistrements notamment consacrés aux grands compositeurs germaniques, de Mozart à Bruckner, en passant par Beethoven, Weber, Mendelssohn, Brahms, une intégrale de référence des Symphonies de Schumann à Dresde en 1972 et un cycle resté sans égal de toutes les œuvres chorales sacrées et profanes de Schubert !
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Régulièrement invité au Festival de Bayreuth dès 1957, Sawallisch fut aussi un admirable chef d’opéra : nous y reviendrons à la « rentrée » avec un autre coffret Warner restituant ses interprétations des ouvrages lyriques de Mozart, Wagner et Richard Strauss, compositeur de prédilection dont il partageait les origines bavaroises. Mais ce dimanche, place aux symphonies et autres concertos.
Francis Drésel
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