Handicap : Des opéras surtitrés en braille grâce à une technologie inédite

L’Opéra de Nouvelle-Zélande a décidé de proposer à ses spectateurs malvoyants ou aveugles de pouvoir suivre les surtitres (paroles et script) qui accompagnent les opéras en braille grâce à une technologie inédite.

Jusqu’à fin juin, l’Opéra de Nouvelle-Zélande (NZ Opera) propose des représentations du Comte Ory successivement dans ses 3 salles, à Auckland, Wellington et Christchurch. L’opéra de Gioachino Rossini, chanté en français (livret original d’Eugène Scribe et Delestre-Poirson), est surtitré sur un écran en anglais mais, à cette occasion, une version en braille sera disponible, pour la  première fois, pour les spectateurs malvoyants ou aveugles.

Jusqu’à maintenant, pour certaines représentations d’opéras, des salles proposent aux personnes concernées de les équiper de casques dans lesquels sont diffusés des commentaires sur les œuvres jouées. Un procédé d’audiodescription jugé un peu perturbant par leurs usagers. C’est à partir de ce constat que l’Opéra de Nouvelle-Zélande a développé une technologie inédite pour leur permettre de lire les paroles en braille.

« Les spectateurs aveugles et malvoyants ne vivaient pas les mêmes expériences que le reste de la salle »

Techniquement, les spectateurs qui utilisent cette technologie accèdent au texte en direct via une application sur leur téléphone qui transmet les textes sur leur lecteur braille personnel. « Les spectateurs aveugles et malvoyants ont toujours été désavantagés. Ils ne vivent pas les mêmes expériences que le reste de la salle » explique Brad Cohen, le directeur général du NZ Opera, à l’initiative de cette première mondiale. « Pour nous, il s’agit d’une étape très importante pour uniformiser les règles du jeu, en leur offrant la même expérience et le même texte que le reste du public ».

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Pour Paul Brown, fan d’opéra aveugle et codirecteur de la société Audio Describe Aotearoa qui a aidé le NZ Opera à développer cette technologie « Ce dispositif change la vie . Pour la 1ère fois, j’ai pu suivre ce qui se passait à l’opéra sans avoir à écouter autre chose ». Brad Cohen souhaite qu’à l’avenir ce dispositif soit partagé par d’autres organisateurs de spectacles vivants. « L’application doit servir au-delà de l’opéra. Au théâtre mais aussi pour la télévision, le cinéma et d’autres médias ».

Philippe Gault

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