Musique classique : La parité est « au point mort » dans le milieu des chefs d’orchestre, selon Marin Alsop

Crédit ; Cincinnati Symphony Orchestra

Dans un entretien au Times, Marin Alsop fait le constat que la lutte pour l’égalité des sexes parmi les chefs d’orchestre a atteint un pallier et n’avance plus car subsistent encore des « opinions archaïques et démodées ».

En novembre prochain au centre Southbank de Londres, Marin Alsop dirigera le Philharmonia Orchestra dans la première mondiale de la version orchestrale de l’opéra Balls de Laura Karpman. Une oeuvre originale qui raconte l’histoire de la fameuse Battle of the Sexes qui vit victoire de la tenniswoman Billie Jean King en 1973 face au joueur Bobby Riggs qui l’avait provoquée.

À l’occasion de la présentation de cette production, la cheffe d’orchestre américaine de 68 ans en a profité pour faire le point, dans un entretien au Times, sur le combat qu’elle mène depuis des années pour une meilleure représentation des femmes dans le milieu encore très fermé des chefs d’orchestre.

« Des jeunes disent encore que les femmes ne savent pas diriger, c’est révoltant »

En préambule, Marin Alsop a rappelé qu’à l’époque de ce match de tennis symbolique « l’égalité pour les femmes semblait à portée de main », mais « alors que les femmes pensent que nous faisons toujours des progrès nous sommes fréquemment freinées ». La cheffe d’orchestre estime même que « la quête d’égalité des sexes à travers l’histoire est au point mort ».

Marin Alsop, qui fut en 2013 la première femme à diriger la Last Night des Proms, fait notamment référence au fait que, lors de chacune des deux dernières éditions du célèbre festival britannique, seules huit femmes, contre quarante hommes ont dirigé des orchestres. La maestra constate qu’en matière de lutte pour la parité « il y a souvent une poussée en avant puis un palier, puis, espérons-le, une autre poussée en avant, et parfois une régression. C’est ainsi que fonctionne l’histoire ».

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Mais ce qui la révolte le plus c’est que « des chefs d’orchestre, même parmi les plus jeunes, disent encore que les femmes ne savent pas diriger » et de conclure : « Ces visions archaïques et dépassées persistent. Et dans le contexte actuel, où tout penche de plus en plus vers le conservatisme, la tendance est de s’emparer de ces conceptions démodées et de les répéter ».

Philippe Gault

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