L’Opéra de Paris visé par une tribune dénonçant le manque de parité dans la programmation

ISA HARSIN/SIPA

L’Opéra de Paris ferait-il fi de la parité ? C’est ce que dénonce une tribune publiée dans Libération et signée par près de 260 professionnels du secteur culturel. Compositrices, metteuses en scène, cheffes d’orchestre : le compte n’y est pas.

À peine quatre cheffes d’orchestre, aucune metteuse en scène, aucune compositrice la saison prochaine à l’Opéra de Paris, voilà ce que déplorent plusieurs centaines de signataire de cette tribune intitulée : « A l’Opéra de Paris, une nouvelle saison qui fait fi des femmes ».

L’institution parisienne répond qu’il est plus difficile de trouver des femmes dans le répertoire classique. Argument fallacieux, rétorque la violoncelliste Héloïse Luzzati. Signataire de la tribune, elle dirige le collectif Elles Women Composers, qui défend les compositrices classiques : « il y a des compositrices qui ont [créé] à toutes les époques. La question est plutôt d’identifier le répertoire et de le trouver. Des oeuvres [composées par des femmes] ont été au répertoire de l’opéra et en ont disparu.  Nautéos de Jeanne Leleu est un ballet qui a été au répertoire de l’Opéra de Paris et n’a jamais été redonné ».

Les signataires attendent un engagement fort

Selon Héloïse Luzzati, la faute revient aux programmateurs qui ne veulent pas prendre de risques – rentabilité économique oblige ! C’est pourtant à l’Opéra de Paris de montrer l’exemple, défend Hyacinthe Ravet, musicologue, signataire, elle aussi, de la tribune : « C’est la question des modèles. Quand il y a un engagement fort, un geste volontariste, ça tire aussi d’autres institutions. Plus on va programmer [d’oeuvres de compositrices], plus on va aussi susciter des vocations. C’est un cercle vertueux ».

A lire aussi

 

D’autant que l’Opéra de Paris est l’institution de spectacles vivants qui reçoit la plus importante subvention publique en France, 81 millions d’euros en sortie du confinement. En contrepartie, les signataires de la tribune voudraient que ces financements soient conditionnés au respect de la parité dans la programmation.

 

 

Retrouvez l’actualité du Classique