« Léthargique et énervante » : La version très contemporaine de Carmen au Met Opera divise les critiques

Crédit :; Met Opera

Depuis le 31 décembre, le Met Opera de New York présente sa version de Carmen. Si la performance des artistes a été plutôt saluée, les critiques des grands journaux américains ont été plus réservés à propos de la mise en scène revisitée de l’opéra de George Bizet.

Dans sa version originale de Georges Bizet, l’intrigue de Carmen se déroule près de Séville à la fin du 19e siècle, principalement dans une manufacture de tabac et dans une ambiance très « flamenco « . Dans la version de Carrie Cracknell, donnée au Lincoln Center depuis le 31 décembre (jusqu’au 25 mai), l’action se passe de nos jours dans une fabrique d’armes du sud des Etats-Unis entre ouvriers, trafiquants et rodéos, loin des castagnettes et des tavernes andalouses.

Le moins que l’on puisse lire, dans la presse américaine, c’est que la première mise en scène pour le Met de la réalisatrice anglaise ne fait pas l’unanimité. Pour Zachary Woolfe, le critique du New York Times, cette mise en scène est « léthargique et manque de passion, d’esprit, de passion et de variété ». Pour Georges Grella, du Financial Times, dans le 1er acte « La mise en scène de Cracknell était ordinaire, chargée, sans but et énervante ».

Michael Andor Brodeur, le spécialiste du Washington post est moins sévère, estimant que « ce changement d’atmosphère a ouvert à Cracknell l’opportunité d’explorer des thèmes plus actuels (…) En pratique, cela a simplement fourni un univers alternatif à travers lequel la comète Carmen peut se frayer un chemin ».

Aigul Akhmetshina unanimement louée

Concernant les artistes dirigés par Daniele Rustioni, les critiques américains sont nettement plus élogieux. La prestation, dans le rôle-titre, d’Aigul Akhmetshina est unanimement saluée. Pour Georges Grella, la mezzo-soprano russe « a une voix idéale pour Carmen, une grande maîtrise technique et une grande souplesse musicale ». Michael Andor Brodeur estime qu’elle a créé « une Carmen magnétique et souvent caustique, sa voix étant aussi bien adaptée à la légèreté soyeuse qu’à la profondeur coriace ».

Zachary Woolfe n’est pas en reste quand il écrit qu’Aigul Akhmetshina est « le seul aspect vraiment impressionnant de cette Carmen. Elle ne semble pas perturbée par la pression, chantant avec une régularité et une clarté facilement pénétrantes, sans jamais avoir besoin de pousser ».

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Angel Blue, dans le rôle de Micaela, recueille tous les suffrages. « Epoustouflante » pour Andor Brodeur, « Une étincelle » pour Grella et « capable de monter sur des notes aiguës passionnantes » selon Woolfe. La performance de Rafael Davila, qui a remplacé au pied levé Piotr Beczala malade (de retour le 5 janvier) dans le rôle de Don José, a été appréciée même si, faute de répétitions, sa relation avec Aigul Akhmetshina « manque d’alchimie ».

Philippe Gault

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