Fin décembre, Plácido Domingo, José Carreras se produiront lors d’un gala organisé à l’Opéra de Dubaï. La présence des deux grands chanteurs espagnols aux côtés de la soprano russe Hibla Gerzmava et sous la direction de Valery Gergiev, tous deux considérés comme proches soutiens du Kremlin, pourrait créer la controverse alors que perdure le conflit en Ukraine.
Depuis qu’il a été banni en 2022 des plus grandes scènes internationales en raison de sa proximité avec Vladimir Poutine, dans le contexte de la guerre en Ukraine, Valery Gergiev ne s’est produit qu’en Russie. Il est à la tête du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg et du Bolchoï de Moscou, et dirige ponctuellement en Chine et en Iran.
🌹JOSEP CARRERAS🌹 👍@PlacidoDmingo👍
Estrelles de la Gala « Gala de las estrellas de la Opera del Siglo »En ocasió 10é aniversari de la @DubaiOpera
Amb sop. Hibla Gerzmava i
la Orquesta del Teatre Marinsky
Dir: @ValeryGergievMéshttps://t.co/oa9IuBgx0s pic.twitter.com/wXk4c2vOzL
— mpinheiro1 (@mpinheiro110) September 23, 2025
Fin juillet dernier, le maestro russe devait diriger un concert en Italie à Caserte, mais à la suite de la polémique soulevée par l’annonce de sa présence, la représentation a été annulée. Et si son retour au pupitre sur une scène occidentale est toujours prévu à Barcelone pour le début de l’année 2026, c’est aux Émirats Arabes Unis le 22 décembre que le chef d’orchestre russe fera sa première apparition à la tête de l’orchestre du Théâtre Mariinsky devant un public plus « occidentalisé » à l’occasion d’une soirée de gala organisée pour les 10 ans de l’Opéra de Dubaï.
Le patrimoine lyrique utilisé comme outil de soft power
À l’affiche de ce concert Stars of the century, consacré à des airs d’opéra, de zarzuela, et de succès de Broadway, sont également annoncés les deux grands chanteurs espagnols Plácido Domingo et José Carreras qui se produiront avec la soprano russe d’origine abkhaze Hibla Gerzmava, elle aussi proche soutien de Vladimir Poutine et écartée du Met Opera en 2022 en même temps qu’Anna Netrebko.
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Selon le site spécialisé espagnol mundoclasico.com, la présence à Dubaï d’artistes blacklistés constituera pour eux « un test de normalisation internationale ». Il faut savoir que, depuis 2022, les Émirats Arabes Unis maintiennent une politique de non-alignement vis-à-vis des sanctions occidentales contre la Russie et que Dubaï cherche à s’imposer comme capitale culturelle mondiale en facilitant notamment l’organisation d’événements à fort impact, difficiles à monter en Europe. Reste à savoir quel effet aura sur le plan diplomatique cette nouvelle utilisation du patrimoine lyrique comme outil de soft power.
Philippe Gault
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