Pédocriminalité : L’Eglise se concentre désormais sur les modalités de réparation des victimes

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Les évêques de France rendent ce 8 novembre leurs conclusions pour lutter contre la pédocriminalité dans l’Eglise. Au terme de plusieurs jours de travail, des avancées importantes sont saluées par les victimes. 

« Le cléricalisme est une structure qui n’a pas de séparation des pouvoirs et c’est cela qui génère l’emprise et l’abus »

Vendredi 5 novembre, l’institution a reconnu sa responsabilité et le caractère systémique des violences sexuelles en son sein. Aujourd’hui, les dernières annonces devraient se concentrer sur les modalités de réparation des victimes, une réparation qui n’est plus un tabou. « Toutes les demandes seront honorées » promet l’Eglise. Faits prescrits ou non, l’institution s’engage à reconnaître l’intégralité des victimes et à les indemniser. Une indemnisation individualisée dont le montant pourrait être calculé selon le modèle belge, c’est une piste que recommande le rapport Sauvé. Ce rapport prévoit 4 niveaux allant de 2 500 à 25 000 euros. Pour instruire les demandes, une magistrate sera nommée dès aujourd’hui et chargée de composer une commission. Toutes ces réponses sont essentielles pour Christine Pedotti, la directrice de la rédaction de Témoignage chrétien mais elle alerte sur le fait que cela ne pourra pas suffire car l’Eglise doit se réformer : « le cléricalisme est une structure qui n’a pas de séparation des pouvoirs et c’est cela qui génère l’emprise et l’abus. Tout le monde attend de savoir ce que l’on va faire pour éliminer le risque et pas seulement en promettant que l’on va être plus attentif ».

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La conférence des évêques devrait annoncer une meilleure association des fidèles à son fonctionnement

Un chantier de fond d’ampleur mondiale doit désormais être engagé poursuit Christine Pedotti : « tout ne peut pas se faire à l’échelle de l’Eglise de France. Est-ce que les évêques vont dire qu’ils y sont pour rien et que c’est Rome qui doit s’en occuper ? Ou est-ce qu’ils vont être force de proposition à l’égard de Rome ? ». Pour les associations de victimes, le changement doit passer par une étape : la tenue d’un concile Vatican III. La conférence des évêques devrait aussi annoncer les contours du chantier sur une meilleure association des fidèles à son fonctionnement. Alban Sartori, co-initiateur du hashtag #AussiMonEglise, se réjouit des évolutions de ces derniers jours mais attend des mesures concrètes pour améliorer la participation des laïcs : « La méthodologie mise en place pendant cette assemblée plénière ne laissait quasiment pas de place à la co-construction de solutions avec les laïcs. Avoir un rendu de première proposition composé par les évêques en chambre nous laisse convaincus qu’il faudra rester vigilant sur la manière dont cette collaboration va se construire. Notre souci est qu’il ne faut pas confondre acte et précipitation. On craint que la lenteur permette de nouveau cas d’abus, et s’il n’y a pas de réponses fortes, l’hémorragie d’un certain nombre de fidèle est à craindre ».

Elodie Vilfrite

Ecoutez le reportage d’Elodie Vilfrite : 

 

Ecoutez le témoignage d’Alban Sartori au micro d’Elodie Vilfrite : 

 

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