La revue de presse… Ce n’est pas vraiment l’heure, mais « passe-moi le sel » !
Le sel, c’est ce qui manque à notre vie démocratique… « Depuis, très longtemps, nous nous sommes habitués à une vie démocratique sans sel », déplore Emmanuel Macron dans son interview-fleuve du Point.
Que veut-il dire ?
Dans le chapitre consacré au combat contre le terrorisme islamiste, « qui s’attaque souligne-t-il aux fondations de notre République pour provoquer un effondrement moral et déclencher une guerre civile », Emmanuel Macron mise (outre les réponses sécuritaires) sur l’héroïsme. Or la France ne propose plus de héros… Héros, génies, gens qui s’engagent au quotidien…
Emmanuel Macron cite le chercheur Gilles Kepel qui a très bien expliqué comment la propagande islamiste gagne les esprits en quête d’un idéal ou d’un engagement… Quête dévoyée évidemment…
Sur le même sujet, Emmanuel Macron cite Paul Valéry…
« Tout Etat social a besoin de fictions ».
Comprendre : des rêves, des récits collectifs, des héros… Comment y parvenir ? Le chef de l’Etat ne le dit pas vraiment, mais ça passe forcément par un autre objectif affirmé dans cette interview au Point (où tous les sujets sont abordés, on les détaille depuis ce matin sur Radio Classique) refaire de la France « une grande puissance » !
« Reconstruire le pays après 3 décennies d’inefficacité » en « libérant les énergies », objectif déclaré de la loi Travail qui fait les gros titres tant l’impatience est grande désormais de connaître enfin le contenu des ordonnances… Plus que quelques heures à attendre.
A relever dans Le Figaro, une information politique sur le gouvernement ! « Un maul de ministre de gauche en gestation ».
Un maul, je n’ai pas dit un pôle, mais c’est l’idée. Maul, m. a. u. l. Curieux mot pour évoquer (comme au rugby) le regroupement de joueurs, en l’occurrence les ministres de gauche pour bâtir un contrepoids au trio de ministre de droite (Le Maire-Darmanin-Lecornu)
Idée de ce pack : faire entendre des voix qui s’adressent aussi aux électeurs de gauche alors que (dit un ministre) « la droite parle à la droite »…
Ce souci d’équilibre montre en tout cas que la ligne d’Emmanuel Macron ni droite ni gauche, ou et de droite et de gauche, est complexe à suivre…
Revenons à la question de l’islamisme, avec la forte exposition donnée par Le Figaro au livre d’un ancien principal de collège…
Livre coup de poing, souligne le journal. Cet ancien principal de plusieurs établissements dans les quartiers nord de Marseille raconte l’emprise de l’islam sur les adolescents, les coups de boutoir du fanatisme.
Bernard Ravet explique avoir attendu d’être à la retraite pour parler, de peur d’être accusé d’islamophobie ou de racisme.
Ce qu’il décrit : les filles qui arrivent de plus en plus voilées, leur refus de participer aux cours de natation, des élèves qui contestent la théorie de l’évolution, les associations d’accompagnement social tenues par les salafistes…
« Il ne s’agit pas pour moi de dénoncer l’islam en tant que tel », insiste l’ex principal, « mais de tenir bon quand le discours d’un certain islam le rend incompatible avec les valeurs de la République ».
Bernard Ravet se définit comme un imam de la République : « Comme avant 1905, dit-il, l’école doit affirmer sa laïcité ».
Un sujet très à cœur de l’écrivain lu cet été par Emmanuel Macron !
Kamel Daoud, dont le chef de l’Etat a beaucoup aimé le dernier livre, « Zabor ou les Psaumes ».
L’écrivain algérien s’exprime cette semaine dans L’Obs, pour dire tout le bien qu’il pense lui d’un autre livre en vedette dans l’hebdo, le nouveau livre du prix Goncourt 2016, Leïla Slimani, livre-choc sur la vie sexuelle au Maroc qui appelle à une nouvelle libération de la femme (et des homosexuels)…
A propos de la laïcité, Kamel Daoud constate, dépité, que les islamistes ont réussi un tour de force sémantique : pour les opinions et certaines élites occidentales, laicité signifie désormais islamophobie, athéisme…
Même tour de force sémantique des islamistes à propos de l’oppression sexuelle subie par les femmes : défendre leur liberté sexuelle se traduit par défendre les valeurs de l’Occident ennemi !
Kamel Daoud est très pessimiste : « Ce n’est pas une maladie du passé qui persiste, mais une maladie de l’avenir qui s’installe ».
Restons dans les hebdos, avec bien sûr le numéro spécial de Paris Match consacré à Mireille Darc…
Un hommage en 28 pages, avec le témoignage d’Alain Delon.
« Je me dis qu’elle ne souffre plus. C’était un calvaire cette souffrance… »
La voix de Delon est à peine perceptible.
« Nous serions restés ensemble si elle avait pu devenir maman », dit Alain Delon !
« Je n’aurai pas beaucoup d’années à vivre sans elle, pas trop d’années à souffrir, déclare encore Delon qui conclut par ces mots : « Elle au moins ne souffre plus. Elle repose. Sans elle, je peux partir moi aussi. »
Michel Grossiord