Procès d’Alisha : L’ultraviolence chez les moins de 15 ans alerte les autorités

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Le 8 mars 2021, Alisha 14 ans était victime d’un guet-apens tendu par deux de ses camarades âgés de 15 ans qui la harcelaient depuis plusieurs semaines. La jeune fille a été tabassée puis jetée d’un pont. C’est aujourd’hui, 7 avril à Pontoise que ce douloureux procès arrive à sa fin, nous indique le journal Libération.

En 2019, plus de 6 000 délinquants de moins de 15 ans sont passés devant le juge

On lit avec effroi le dossier du Figaro sur la montée de l’ultraviolence chez les plus jeunes. Laurence de Charrette, directrice de la rédaction, associe cela à une montée des nouvelles barbaries. En effet en 2019 suite à des viols, agressions, atteintes sexuelles ou meurtres, 66 140 délinquants de moins de 15 ans ont été impliqués dans des affaires traitées par des parquets. Le Figaro rappelle ainsi le cas de deux adolescentes de 13 ans qui ont prémédité dans la région de Montpellier l’assassinat de toute une famille à coups de ciseau et de couteau. Ces deux jeunes filles étaient fans de fiction d’épouvante. Ce phénomène ne date pas d’aujourd’hui mais il s’accentue et n’est pas seulement français. Depuis 2014, le nombre de mineurs délinquants est à la hausse au Danemark, et depuis 2010, le phénomène observé en Italie du nom de baby gang émerge désormais dans le sud de la France.

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Un expert de la police italienne analyse ainsi cette recrudescence de la violence chez les jeunes : « avec le confinement et la fermeture des établissements scolaires, ces mineurs sont restés isolés mais hyperconnectés et se sont abreuvés de musique aux textes haineux. Ils avaient également la possibilité d’avaler en permanence des séries ou de surfer sur les réseaux sociaux où se pratiquent pêlemêle exhibition et harcèlement. A la fin du confinement on a donc vu qu’ils décompressaient en se fondant dans des groupes où ils perdent tout sens des limites ». Un laxisme judiciaire, un affaiblissement de l’autorité, une explosion des structures familiales, une emprise des réseaux sociaux et des consciences abandonnées par l’école, sont autant de fractures dans lesquelles germe une graine de cette violence mortifère. On ne peut donc que regretter amèrement l’occasion manquée qu’a été la campagne présidentielle et la faiblesse des projets des candidats afin de mettre en lumière un sujet si grave pour les futures générations.

David Abiker

 

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