Présidentielle : « Les Français sont prêts à élire une femme », selon Alain Minc

L’essayiste Alain Minc était l’invité de Renaud Blanc dans la matinale de Radio Classique, ce mercredi 2 février. Alors qu’il apporte son soutien à Valérie Pécresse, il dénonce une forme de misogynie ambiante de la part des élites, alors qu’il est sûr que les Français sont prêts à élire une femme.

Alain Minc apporte son soutien à Valérie Pécresse

Alors qu’Emmanuel Macron tarde à annoncer sa candidature à la présidentielle, la vraie question, selon Alain Minc est celle-ci : « va-t-il accepter de débattre avec les autres candidats ? ». Le conseiller politique assure que l’entourage du président lui déconseille de le faire. Or, selon lui, refuser le débat serait « une erreur gigantesque, qui accréditerait le sentiment d’arrogance ». Il pointe également le fait que président depuis cinq ans, Emmanuel Macron n’a plus fait de débat face à des adversaires, suggérant qu’il pourrait en avoir perdu l’habitude « comme ce qui était apparu très clairement dans le débat entre François Hollande et Nicolas Sarkozy » en 2012.

A lire aussi

 

Alain Minc estime en tous cas que si Emmanuel Macron est réélu, « il n’aura pas de majorité, ou alors une majorité bringuebalante, le tout dans un contexte institutionnel qui est celui d’un président non rééligible ».Il s’interroge sur le parti En Marche : « que va-t-il en rester dans 5 ans, puisque s’il est réélu, il ne sera pas rééligible ? Rien ! Parce qu’un parti, c’est une idéologie, une histoire, une tradition, des militants ». Citant en exemple le Parti Socialiste, il assure que même s’il ne reste plus que 20 000 militants, « cet immense parti n’est pas encore mort ». Alors que Renaud Blanc rappelle qu’Alain Minc a assuré son soutien à Valérie Pécresse, le politologue souligne que la candidate LR « a une grande bouteille politique, de la fermeté, et saura occuper le job de manière très naturelle ».

François Hollande aurait dû se présenter à la place d’Anne Hidalgo, selon Alain Minc

Mais a-t-elle suffisamment de charisme pour emmener les électeurs ? Cette question de Renaud Blanc a suscité une certaine forme de perplexité chez l’essayiste, qui y voit « un zeste de misogynie ». Si son parcours politique est réussi, souligne Alain Minc, on a entendu longtemps des interrogations sur sa capacité à être au niveau. « Il y a encore dans la société française, même à l’époque de #Metoo, une petite musique inconsciente où il y a un peu de misogynie » se désole-t-il. Il se dit par ailleurs convaincu que si Valérie Pécresse est au 2nd tour de la présidentielle face à Emmanuel Macron, il y aura un « effet femme », rappelant qu’il y a 15 ans, 47,5% des Français avaient voté « pour une femme dont la compétence pouvait susciter des interrogations » ! Une performance d’autant plus remarquable, selon lui, que Ségolène Royal (qu’il ne cite pas), faisait face à « un candidat incroyablement puissant qu’était Nicolas Sarkozy à l’époque ».

A lire aussi

 

Il va plus loin en assurant que « la société française est prête à élire une femme, même si les élites ont encore un petit fond de musique misogyne ». Si cette déclaration peut sembler surprenante, elle ne l’est sans doute pas autant que celle qui suit : « je regrette que François Hollande n’ait pas poussé d’un coup de coude Anne Hidalgo, et ne soit pas présenté en disant simplement, je ne serai pas élu, mais je suis le dernier héritier légitime d’une grande tradition historique qui a fait un bout de l’histoire de la France au 20ème siècle au 21ème siècle, qui s’appelle le Parti Socialiste ». Alain Minc se dit convaincu que l’ex-président obtiendrait de meilleurs scores dans les sondages qu’Anne Hidalgo, aujourd’hui à 3%.

Béatrice Mouedine

 

Retrouvez l’invité de la matinale