Incidents au Stade de France : Macron furieux, Darmamin obligé de faire profil bas face au Sénat

JEANNE ACCORSINI/SIPA

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a présenté ses excuses le 1er juin face au Sénat dans l’affaire des incidents au Stade de France. Ce changement de ton aurait été incité par Emmanuel Macron furieux de la gestion de cette crise qui pourrait coûter à la majorité de précieuses circonscriptions lors des élections législatives.

Les ministres se sont vite vus accusés au mieux de « déni » et au pire de « mensonge »

Gérald Darmanin a adopté un ton beaucoup plus humble à propos des débordements du 28 mai au stade de France. Il a évoqué des « regrets » et des « excuses ». Une attitude qui a pour but d’éteindre la polémique. En effet, ce changement de ton était nécessaire et urgent car le moins qu’on puisse dire c’est que les explications données les 29 et 30 mai par le ministre de l’Intérieur et la ministre des Sports étaient loin d’avoir éclairé les causes de ce fiasco. Elles avaient même ajouté à la confusion du récit. Il y avait eu dans un premier temps la mise en cause exclusive des supporters anglais en occultant l’arrivée de voyous qui n’avaient rien d’anglais.

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Ensuite ils avaient justifié les débordements grâce aux soi-disant 40 000 faux billets avant qu’on apprenne qu’il n’y avait eu que 2 800 faux billets contrôlés. D’ailleurs on sait toujours pas si ces supporters en surnombre avaient de faux billets ou pas. On finissait par avoir le sentiment, pour parodier Emmanuel Macron, que la billetterie avait été tenue par Gérard Majax. Toujours est-il que les ministres se sont vite vus accusés au mieux de « déni » et au pire de « mensonge ». Pour un exécutif qui fait la leçon sur les fakes news, ça faisait quand même désordre. S’il ne voulait pas encourir le risque d’une grave crise de confiance, il fallait impérativement être à la fois plus précis et plus humble. C’est ce que semble avoir fait Gérald Daramanin au Sénat le 1er juin. Pourtant, au cours de l’audition, il n’a pas pu s’empêcher de qualifier de « nauséabonds » les propos d’une sénatrice, socialiste qui pointait précisément l’intrusion de bandes voisines de Seine-Saint-Denis.

 

Emmanuel Macron a été furieux de ce fiasco du maintien de l’ordre et de la communication déplorable de ses ministres

Emmanuel Macron a évidemment pris part à cette affaire et a poussé le changement de ton de ses ministres. Le président a été furieux de ce fiasco du maintien de l’ordre au Stade de France et de la communication déplorable de ses ministres qui accusaient tout le monde sans assumer la moindre responsabilité. Alors si en public, il a refusé de s’exprimer sur le sujet, en privé, il a poussé son ministre de l’Intérieur à participer à la réunion au ministère des Sports, à clarifier ses explications et à présenter les excuses qu’il fallait. En un mot il l’a obligé à adopter une attitude humble et responsable plutôt qu’à se défausser et à donner une image d’arrogance et d’incompétence de l’exécutif.

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Le pire est que cette mauvaise gestion de crise pourrait se payer dans les urnes dans 10 jours pour les législatives. C’est en effet la grande crainte des macronistes qui redoutent que cette affaire ne leur coûte cher en sièges. On se rappelle qu’en 2007, l’aveu de la préparation d’une TVA sociale avait coûté cher à l’UMP. En terme d’image, cela ternit évidemment celle de sérieux et de sincérité du gouvernement. De plus, cela marque d’une note négative les débuts de l’équipe Borne. En terme électoral, cela donne du grain à moudre à une droite et un Rassemblement National qui étaient en manque d’espace. Un poids lourd du gouvernement confie d’ailleurs : « Darmanin était censé attirer à nous des électeurs de droite et pas faire fuir nos électeurs vers la droite ».

Guillaume Tabard

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