Christiane Taubira et Yannick Jadot : Leurs entretiens secrets

Philippe Grangeaud / FNMF/A. LAURIN

On a appris que des contacts avaient été pris entre les équipes de Yannick Jadot et Christiane Taubira. Ces contacts se sont même soldés par un constat d’échec complet. Mais, ce que cet épisode souligne, c’est que le vaudeville continue à gauche.

Jean-Luc Mélenchon est à 10% d’intentions de vote

Ces contacts, révélés par nos confrères de Politico et du Monde, ont eu lieu dimanche soir. Ils étaient censés être secrets et chaque équipe accuse l’autre de les avoir fait fuiter. Chez Taubira, on dit que les équipes Jadot lui ont proposé un poste ronflant de présidente d’une assemblée constituante en échange de son retrait. Chez Jadot, on dit que l’ancienne Garde des sceaux cherchait un moyen habile de se retirer d’une compétition dans laquelle elle ne brille pas, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais à l’issue de ces deux heures et demi de conciliabules qui se sont déroulés à la mairie de Romainville, les deux parties ont juste décidé de ne pas se revoir compte tenu de leur désaccord.

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Donc à l’arrivée, on reste à une candidature Jadot et une candidature Taubira, chacun dans sa couleur, chacun sous la barre des 5 %. Cela signifie que le paysage ne va plus bouger à gauche, et qu’elle va rester divisée jusqu’au 10 avril. Aujourd’hui à gauche, il y a une candidature à 10 %, celle de Jean-Luc Mélenchon, et quatre candidatures : Christiane Taubira, Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Fabien Roussel ; quatre candidatures qui, si l’on prend les deux sondages quotidiens, ceux d’OpinionWay et de l’Ifop, sont toutes en dessous de la barre des 5 %, un seuil qui est à la fois psychologique et politique puisqu’il veut dire que vous ne pesez pas, et financier parce qu’il veut dire que vos frais de campagne ne seront pas remboursés.

 

Fabien Roussel apporte de la sincérité, de la cohérence et de la fidélité à l’ADN classique de la gauche

Alors on pourrait dire que des retraits, des désistements relèveraient du bon sens, voire du sens du ridicule. Mais il est un peu tard. Un peu tard pour faire en cinq semaines ce que la gauche n’a pas fait en cinq ans, à savoir réfléchi, travaillé, établi des relations entre des partis éclatés et surtout, appris à parler aux électeurs plutôt qu’à parler d’eux-mêmes. Ces discussions, pour être sincères et utiles, auraient dû avoir lieu avant que chacun s’enferme dans son propre processus de désignation. Là, au mieux, ça fait syndic de faillite.

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En revanche le communiste Fabien Roussel a le moral. Non pas qu’il soit plus haut que les autres, mais il partait de quasiment rien et maintenant, il fait jeu égal avec les divas. Quand on sait l’héritage mondial peu glorieux du communisme l’étiquette PC peut avoir un côté irréel. Mais dans une gauche gangrenée par l’idéologie woke, par les egos, par l’oubli de la question sociale. Roussel apporte de la sincérité, de la cohérence et de la fidélité à l’ADN classique de la gauche. Ajoutez à cela une pincée d’optimisme qu’on ne trouve pas chez les autres, on comprend bien cette petite musique médiatique qui va crescendo autour de Fabien Roussel.

Guillaume Tabard

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