Yundi Li arrêté en Chine pour avoir eu recours aux services d’une prostituée

Crédit: twitter @YundiMusic

Pianiste chinois réputé, ancien lauréat du prestigieux concours international Chopin, Yundi Li a été arrêté lundi 18 octobre à Pékin alors qu’il était en présence d’une prostituée. Il risque, non seulement une peine de prison de 15 jours et une forte amende mais également une disgrâce définitive auprès des autorités musicales en Chine qui ont déjà pris des dispositions à son encontre.

Yundi Li fut le premier Chinois vainqueur du Concours international Chopin

Yundi Li s’était fait connaître du grand public en 2000 quand il devint le plus jeune vainqueur à 18 ans du Concours international de piano Frédéric Chopin et 1er  pianiste chinois vainqueur de cette prestigieuse compétition (dont il fut membre du jury en 2015). Surnommé le « Prince du piano » en Chine, sa brillante carrière de musicien risque de connaitre un sérieux coup d’arrêt, tout au moins chez lui en Chine et même en Asie.

A lire aussi

 

Ce lundi 18 octobre, apparemment dénoncé par des témoins, il a été interpellé par la police alors qu’il se trouvait en compagnie d’une prostituée de 29 ans dans le quartier pékinois de Chaoyang. En vertu de la loi en vigueur en Chine, ceux qui sollicitent des travailleuses du sexe encourent une peine de 15 jours de prison et une amende pouvant aller jusqu’à 5000 yuans (environ 670 euros).

La Chine applique une politique ultra-moraliste, surtout dans le secteur artistique

Au-delà de ces sanctions pénales, c’est l’avenir professionnel de Yundi Li, 39 ans, qui risque d’être compromis, surtout en Chine. Ainsi l’Association des musiciens chinois a déclaré qu’elle révoquerait son adhésion en raison de l’« impact social extrêmement négatif » que représente son attitude. L’Association chinoise des arts du spectacle appelle au boycott du pianiste dont le comportement reflèterait « son indifférence vis à vis de la loi et son manque d’autodiscipline morale ».

A lire aussi

 

Cet épisode survient à un moment où les autorités chinoises ont décidé d’appliquer une politique ultra-moraliste très rigoureuse avec une tolérance zéro, notamment dans les milieux artistiques. En septembre par exemple, rapporte le Global Times, une quinzaine de plateformes internet locales se sont engagées à s’attaquer aux publications en ligne jugées licencieuses ainsi qu’au problème des artistes en disgrâce. En tant que membres de l’Association chinoise des arts du spectacle (CAPA), ces plateformes s’engagent à ne travailler qu’avec des artistes ayant une « excellente intégrité morale ». La sanction n’a d’ailleurs pas tardé à tomber pour Yundi Li. Sur le plus grand site communautaire chinois Weibo (500 millions d’utilisateurs) toutes ses fonctions et titres honorifiques ont été effacés. Il n’y est plus, désormais, que « pianiste international ».

Philippe Gault

Retrouvez l’actualité du Classique