La Revue de Presse du jour – 02/11/2017

La revue de presse… avec sur la même page des titres qui voisinent étrangement !

Prenons La Dépêche du Midi.
Deux titres à la Une… A gauche, « attentats, comment protéger nos villes »… A droite, « nuit d’Halloween, 15 voitures brûlées à Toulouse », des policiers caillassés…
Le premier ministre a rendu visite hier au pied de la Tour Eiffel aux policiers et militaires chargés de protéger ce site sensible. Edouard Philippe, rapporte Le Figaro, a appelé à la « vigilance de l’ensemble de la société »… « La sécurité, c’est l’affaire de tous »
Mais on découvre ce matin, à la lecture de la presse régionale, que s’il ne s’agit pas de terrorisme, la nuit d’Halloween a été une nuit de violences urbaines : Le Progrès de Lyon (qui précise que les pompiers ont dû intervenir dans tout le Rhône), La Montagne (« La nuit a dégénéré à Brive), Nice-Matin, L’Est Eclair relatent les mêmes scènes… et la même lassitude des policiers face à un phénomène qui s’est banalisé…

Retour au terrorisme : La Provence pose une question embarrassante…

Que faire des revenants de Daech ?
Depuis la déroute de l’Etat islamique, des hommes, djihadistes, leurs femmes et leurs enfants, tentent de regagner notre pays. Des retours à haut risque…
Edito à la Une de La Provence titré « La France dans un piège terrible » , et qui pose comme postulat (contestable) : « Bien qu’ils aient pris -directement ou non- les armes contre notre pays, contre nos valeurs, ces soldats et ces femmes ont des droits. Comme tous les Français ».
L’édito se conclut néanmoins par ces lignes : « A-t-on, en conscience, le droit de risquer de nouveaux attentats ? Poser cette question, c’est presque y répondre ».
Un chercheur au CNRS avertit, toujours dans les colonnes de La Provence, que les témoignages des djihadistes et leurs femmes candidats au retour sont à prendre avec la plus extrême prudence…
Un rappel utile alors que les journaux télévisés nous gratifient en ce moment de témoignages de femmes désireuses de rentrer tout en affirmant leur rejet des valeurs de la République (hier soir sur France 2)

Autre témoignage, à lire dans Paris Match, sur « le stade suprême de l’horreur »…

Le « stade noir » de Raqqa, déjà surnommé ainsi du temps du régime de Damas, réputation maintenue par les tortionnaires du groupe Etat islamique…
Des survivants parlent, racontent le sadisme de leurs geôliers, dont des Français. Dans ce stade suprême de l’horreur, le 13 novembre, jour des attentats à Paris, furent un jour de fête pour les djihadistes…

Qu’est-ce que le terrorisme a changé dans nos têtes? C’est la question posée par L’Opinion.

« Confrontés à une ‘routine’ terroriste depuis 2015, les Français réagissent aux attentats avec moins de stupéfaction. Et acceptent désormais de rogner les libertés au nom de la sécurité », assure L’Opinion.
Les Français sont demandeurs d’un pouvoir fort qui agit contre la menace terroriste, avance aussi L’Opinion qui cite pour preuve le peu d’écho des opposants à l’état d’urgence permanent…
Ces derniers tentent pourtant de se faire à nouveau entendre ce matin.
Libération invite l’opinion (pas le journal, l’opinion publique) à tenir bon sur la défense des libertés publiques, leur recul n’aboutissant qu’à un bénéfice douteux en matière de sécurité.
La Croix dit aussi douter que la lutte contre le terrorisme sera plus efficace en court-circuitant nos procédures démocratiques.

Autre éclairage sur l’époque, l’antisémitisme au quotidien en France…

Alors que la stèle en mémoire d’Ilan Halimi, tué en 2006 par le « gang des barbares » a été à nouveau profanée, constat effrayant que le nombre d’agressions contre la communauté juive s’est envolé.
Les actes, qui touchaient d’abord les synagogues ou les écoles, visent désormais des personnes, dans la rue ou à leur domicile, raconte Le Monde avec de nombreux exemples.
Lettres de menaces accompagnées bientôt d’une balle de 9 mm envoyées à une famille de Noisy le Grand, en Seine Saint Denis. Tag « Vive Daech » apparu sur le mur du pavillon.
L’antisémitisme « du quotidien » s’est ancré puis propagé en France, au point de mettre sous pression tant de familles juives.
Un acte raciste sur 3 commis en France l’an dernier était dirigé contre un juif, alors que les juifs représentent moins de 1% de la population, avance dans son dernier rapport le Service de protection de la communauté juive…
La plupart des victimes se taisent, de peur de représailles, de peur d’être encore davantage en danger. Mais beaucoup déménagent… Les communes de Seine Saint Denis sont particulièrement touchées par ces départs…
En France, aujourd’hui, ne pas s’exposer est devenu, pour beaucoup de juifs, une priorité.
Internet, qui charrie des horreurs, a contribué à la libération de la parole « au point que ce qui était avant de l’ordre de l’antisémitisme est entré presque dans le langage courant », observe le chargé des questions de sécurité au sein de la communauté juive de Strasbourg.

Michel Grossiord