Sonate d’automne est l’un des rares films d’Ingmar Bergman à être sorti du cycle Art et essai pour accéder au grand public. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les aficionados du cinéaste suédois le jugent avec condescendance. Huis clos étouffant, affrontement hystérique entre une mère pianiste internationale et sa fille mariée avec un pasteur, il est porté par deux actrices exceptionnelles : Ingrid Bergman et Liv Ullman et se prête parfaitement au théâtre.
Par une étrange coïncidence, nous avons pu voir sur Arte le merveilleux film de Stéphanie Argerich sur sa mère qui possède une fibre bergmanienne, à la différence que Stéphanie reprocherait presque à sa mère un trop plein d’amour. Je dis « presque » parce que c’est plus subtil que cela et que Stéphanie a réussi à transcender dans une oeuvre les douloureuses blessures de l’enfance. Ces blessures communes à tous sont exacerbées lorsque l’un des parents est un personnage public, adulé, donc forcément très narcissique et d’une certaine manière monstrueux dans les yeux d’un enfant.
Rachida Brakni a opportunément choisi la chanson Marlon de Guillaume Depardieu dans ses madeleines.
Mais la force du texte de Bergman, c’est qu’il pose un problème universel qui peut se décliner aussi entre frères, entre soeurs et chacun peut se sentir successivement victime et bourreau en s’identifiant à l’un des deux personnages. Le bourreau est peut-être la victime de son propre passé, d’un système et c’est parfois quand il essaie de bien faire qu’il fait le plus de mal.
Familles, je vous « haime » !
Voici son programme :
– Guillaume Depardieu : « Marlon »
– Nick Cave : « We No Who U R »
– Barbara : « A mourir pour mourir »
Classiques :
– Chopin : Prélude n°2 (par Martha Argerich)
– Donizetti : Lucia di Lammermoor, « Quando rapita in estasi » (par La Callas)
– Rachmaninoff : Prélude en do dièse mineur
– Beethoven : Sonate A Kreutzer (par Itzhak Perlman)