Législatives : LR invisible dans la campagne, une contrainte, mais aussi un choix

On parle peu d’elle dans cette campagne des législatives, mais la droite dispose d’une centaine de députés sortants. Une situation qu’elle subit et qu’elle choisit en même temps. Que peut-elle espérer ou redouter  ?

LR espère un effet « prime aux sortants » lors de ces législatives

On peut dire qu’elle subit cette invisibilité, parce qu’après le choc des 4,7 % de Valérie Pécresse à la présidentielle, c’est peu dire qu’elle n’est pas dans une position flamboyante. Elle a été victime du vote utile à la présidentielle. Elle risque d’être victime d’un second vote utile aux législatives. Surtout s’il y avait un risque de victoire de la coalition mélenchoniste. La droite a été décimée et elle n’a plus vraiment de chef en ce moment. Tout cela contribue à son invisibilité. Mais c’est aussi un choix. Faute de pouvoir faire miroiter une victoire nationale sur les macronistes dimanche, les Républicains misent tout sur l’enracinement de ses sortants. Donc plutôt que de patiner dans une campagne nationale, LR s’en remet à une addition de campagnes locales, à l’échelle de chaque circonscription en espérant un effet « prime aux sortants ».

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Cette stratégie peut-elle être efficace ? Reconnaissons d’abord qu’il n’y en a pas beaucoup d’autres. Mais si elle fait moins de bruit médiatique que le grand orchestre de Jean-Luc Mélenchon, la droite peut faire la démonstration qu’elle n’a pas disparu. Et notamment qu’elle n’a pas été totalement absorbée par le macronisme. Il y a encore quelques semaines, on annonçait une hémorragie de députés en direction de la majorité. Il n’y en a que cinq qui ont sauté le pas. Si l’on prend tous les sondages de la semaine, la droite est donnée autour de 10 %. C’est peu bien sûr. Mais, en 2017, Fillon avait obtenu 20 % des voix et un mois après LR était tombé à 15,5 points de perdus d’un scrutin à l’autre. Là, Pécresse a fait 5 %. Faire 10 % serait une remontée de 5 points par rapport à la présidentielle. Une fois encore, c’est faible, mais ce n’est pas la chute finale.

 

Législatives : les sondages se resserrent entre Ensemble et la Nupes

Il y a un autre petit motif encourageant pour LR : les débuts du second quinquennat de Macron. Le moins qu’on puisse dire est que l’action n’est pas au rendez-vous, que les réformes sont reportées et que la gestion par Gérald Darmanin de l’affaire du Stade de France ou la nomination de Pap Ndiaye à l’Education n’incitent pas spontanément l’électorat de droite à donner un blanc-seing au président réélu. Quel peut être le rôle du groupe LR dans la future Assemblée ?

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Ce sera, comme aujourd’hui, un groupe d’opposition, sans doute plus le premier, titre qui devrait lui être ravi par LFI. Mais il y a une question qu’on commence à envisager à mesure où les sondages se resserrent entre Ensemble et la Nupes de Mélenchon. Si les macronistes n’ont pas la majorité absolue à eux seuls, et bien il faudra bien que l’exécutif se trouve des alliés, à tout le moins des alliés ponctuels pour faire passer certains textes. Et c’est là que, même peu nombreux, les députés LR pourraient devenir très précieux pour Macron.

Guillaume Tabard

 

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