La Biélorussie envoie des charters de migrants aux portes de l’Europe

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Vos journaux s’attardent ce matin sur le machiavélisme de la Biélorussie, bien décidée à frapper Bruxelles là où ça fait mal : l’immigration. Elle a acheminé des migrants aux portes de l’Union européennes, à la frontière avec la Lituanie, la Lettonie et la Pologne.

Kuznitsa, petite ville polonaise devenue l’épicentre d’un bras-de-fer migratoire entre Minsk et l’Union européenne

C’est une photo choc en page 6 des Echos, celle d’une forêt glaciale. Au premier plan, on voit des tentes et une centaine de personnes qui se réchauffent avec des feux de bois improvisés. A droite, des chars et des soldats casqués au garde-à-vous. Un face-à-face séparé par une clôture de barbelés. Nous sommes-là à quelques kilomètres de Kuznitsa, un point de passage entre la Biélorussie et la Pologne où se massent 3 à 4 000 migrants. Kuznitsa, petite ville polonaise devenue l’épicentre d’un bras-de-fer migratoire entre Minsk et l’Union européenne. Minsk a d’abord acheminé ces Syriens, ces Irakiens par charters en délivrant des visas de tourisme, nous raconte l’Opinion. Ensuite ils sont convoyés aux portes de l’Union européenne, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne.

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Une fois sur place, poursuit le journal Le Monde, des garde-frontières biélorusses tirent en l’air pour les obliger à avancer. Sur certaines vidéos, raconte le quotidien, on voit des hommes masqués fournir aux migrants des cisailles, des pelles, des arbres coupés utilisés comme béliers pour forcer les barrières. Comment en est-on arrivé là ? En vérité, cette crise dure depuis mai-juin dernier nous raconte le journal les Echos, et il n’est pas impossible que la Russie se cache derrière cette entreprise de déstabilisation, précise dans un entretien le chercheur François Gémenne. Vladimir Poutine veut faire émerger des régimes nationalistes en s’attaquant au talon d’Achille de l’Europe. François Gémenne conclut : car l’Union n’a tiré aucune leçon depuis la crise migratoire de 2015.

Marc Bourreau

 

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