Jean-Philippe Collard interprète les Goyescas du compositeur espagnol Enrique Granados

La beauté du piano de Jean-Philippe Collard fait imaginer cette Espagne sensuelle, parfumée et délicate. Apparaissent alors des Goyescas populaires, presque improvisées et comme chantées par les voix d’un opéra imaginaire.

 

L’interprétation de Jean-Philippe Collard sonde les abîmes de mélancolie du cycle de Granados

Enrique Granados écrivait, en 1910 : « J’ai eu la chance de trouver enfin quelque chose de grand, “Las Goyescas” me trottaient dans la tête depuis longtemps… ». Un an plus tard, il nous livre un de ses chefs-d’œuvre, les Goyescas, conçu comme une suite de tableaux musicaux, dont il tirera dans un second temps un opéra. Ce cycle de six pièces donne à entendre des propos galants (« Les Compliments »), une « Sérénade du spectre » pleine d’esprit et l’étreignant chant du rossignol avec la célèbre « Complainte, ou la jeune fille et le rossignol ». Il vaut par l’abondance de ses ornements, la profondeur de ses clairs-obscurs et de son humeur, oscillant entre l’impatience passionnée et une tendre tristesse, très postromantique.

 

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Le cœur émotionnel des Goyescas est certainement la « Ballade de l’amour et de la mort », qui ouvre le second volume. On retrouve avec bonheur le grand pianiste Jean-Philippe Collard dont l’interprétation, peut-être plus axée sur la couleur que sur le rythme, sonde les abîmes de mélancolie que recèle le cycle de Granados, l’un des sommets du piano au XXe siècle. La prise de son est exceptionnelle de chaleur et de présence.
A noter la parution concomitante en librairie des souvenirs du maître, « Chemins de musique » (Alma éditeur) : Jean-Philippe Collard y revient sur sa carrière, évoque l’importance de la musique dans sa vie et se livre à des réflexions sur la formation, l’enfance, l’adolescence, le toucher ou encore le public.

 

Enrique Granados : Goyescas. Jean-Philippe Collard, piano (1 CD La Dolce Volta)

 

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