French Exit, de Patrick deWitt : un remède à la morosité ambiante !

French exit, remède garanti à la morosité galopante de cette fin d’année est paru chez Actes Sud. Avec en prime Small Franck en couverture, qu’on hésite à vouloir caresser tant il a l’air de mauvais poil…

Patrick deWitt avait publié Les Frères Sisters en 2012

Frances Price, élégante et encore séduisante aristocrate new yorkaise de 65 ans, dilapide sans vergogne la fortune de son défunt mari. Où qu’elle aille, la suivent Malcolm, son grand fils tout mou et Small Franck, son chat noir hirsute et caractériel.
Frances est une femme étonnante, capable de la plus insigne méchanceté et d’une générosité débridée, comme dans cette scène d’anthologie où, au sortir d’une soirée mondaine, elle accepte de donner 20 dollars à un clochard s’il lui dit précisément ce qu’il compte en faire. Il avoue qu’il va boire comme un trou. “Vous ne pensez pas que vous vous sentirez affreusement mal le lendemain matin ?” lui demande Frances. « Les matins, c’est fait pour ça, m’dame ».

 

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Fabuleuse réplique, la première d’une très longue série au fil des aventures du trio Frances/Malcolm/Small Franck, bientôt ruinés et forcés à l’exil à Paris où ils sont hébergés gracieusement par une riche amie américaine. Très vite, l’appartement devient le repaire d’une invraisemblable faune très haute en couleurs : Madeleine, une voyante rencontrée sur le paquebot transatlantique, capable à coup sûr de repérer les morts prochaines. Julius, détective privé peu inspiré mais tout de même chanceux. Et l’inénarrable Mme Reynard, grande bourgeoise solitaire et amateur de pâtisseries. Tout ce beau monde passé au mixeur de l’immense talent de Patrick deWitt donne un roman complétement fou et inclassable, supérieurement drôle et bien écrit et surtout d’une originalité époustouflante. Tout comme l’était, en 2012, l’inoubliable western Les Frères Sisters, du même Patrick deWitt.

Bernard Poirette

 

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