Elisabeth Borne, non issue des LR : « Comme si Macron avait suffisamment siphonné la droite », note Bernard Sananès

Julien de Rosa/AP/SIPA

Bernard Sananès, le président de l’institut de sondage Elabe était l’invité de Renaud Blanc dans l’émission « Les spécialistes » sur Radio Classique. Il note qu’en choisissant Elisabeth Borne comme Première ministre, issue de la société civile, Emmanuel Macron marque une rupture politique avec les précédents chefs du gouvernement, Edouard Philippe et Jean Castex, venus de la droite.

Près d’1 Français sur 2 n’a pas d’avis sur Elisabeth Borne, selon l’institut de sondage Elabe

Elisabeth Borne est nommée à Matignon pour succéder à Jean Castex : « une techno qui succède à un techno », selon la presse. Pour le sondeur Bernard Sananès, cette nomination marque une double rupture. Il s’agit évidemment, et tous les médias l’ont souligné, de la deuxième femme Première ministre, plus de 30 ans après Edith Cresson, « restée 10 mois à peine » et dont le passage à Matignon « avait été perçu comme un échec », pointe Bernard Sananès. Il souligne surtout que c’est la première fois qu’Emmanuel Macron nomme un Premier ministre qui n’est pas de droite, « comme si finalement, après Édouard Philippe, Jean Castex, et l’échec de Valérie Pécresse, Emmanuel Macron faisait le constat qu’il a maintenant suffisamment siphonné la droite pour être tranquille sur ce flanc-là ».

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Elisabeth Borne, issue de la société civile, a en tous cas à son actif des réformes importantes du précédent quinquennat, notamment l’assurance chômage, ou la réforme de la SNCF, « elle a acté l’ouverture à la concurrence, ce n’était pas rien » souligne Bernard Sananès. Pourtant, elle reste méconnue du grand public. Selon un sondage Elabe pour Radio Classique et Les Echos, 47% des Français se déclarent sans opinion concernant Elisabeth Borne, et chez les électeurs d’Emmanuel Macron, 4 sur 10 également ne se prononcent pas. Elle sera assez vite jugée, estime Bernard Sananès, ajoutant que « dès les premières heures [à Matignon], on oublie assez vite ce que vous êtes ou d’où vous venez, pour être jugé très rapidement sur vos premières mesures ».

Béatrice Mouedine

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