Une guerre nucléaire est-elle possible ? « Cette hypothèse n’est pas à écarter », selon Jacques Attali

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Jacques Attali, président du collectif Positive Planet était l’invité de Renaud Blanc dans la matinale de Radio Classique, ce mercredi 16 mars. L’économiste appelle à aider l’Ukraine de toutes les façons possibles, sans pour autant participer au combat.

Vladimir Poutine pourrait attaquer un pays de l’Otan, selon Jacques Attali

La guerre en Ukraine entre dans sa 4ème semaine, et Jacques Attali appelle à ne pas craindre le président russe Vladimir Poutine : « il ne faut pas avoir peur de ses ennemis, il faut les identifier ». Il pointe toutefois un possible engrenage nous conduisant à une guerre nucléaire : « cette hypothèse n’est pas à écarter, comme elle n’a jamais été écartée depuis que nous avons cette arme diabolique, depuis les années 50 ». Il assure que « le pire est possible » et plaide pour créer les conditions d’une désescalade. Jacques Attali estime qu’elle sera possible seulement « quand le Kremlin comprendra qu’il n’aura pas ce qu’il veut et qu’il acceptera une porte de sortie ». En attendant, il appelle à ne pas se coucher devant Vladimir Poutine et aider l’Ukraine de toutes les façons possibles : « aller sur place à Kiev, comme le premier ministre polonais ».

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Jacques Attali : « en écartant la Russie de l’Europe, il y a un risque de constitution d’une entité Russie/Inde/Chine »

« On doit tout faire pour montrer aux Ukrainiens qu’on est avec eux », poursuit l’écrivain tout en prévenant : « sans aller jusqu’à franchir les lignes rouges et participer au combat ». Une limite que certains intellectuels français dénoncent, estimant qu’ainsi l’Ukraine est sacrifiée. « On ne peut pas faire plus ! », lance Jacques Attali : « certains pensent, et je comprends ce point de vue, qu’on doit envoyer l’armée française se battre à Kiev. C’est un débat qui vaut la peine, mais je pense que ce n’est pas un choix raisonnable ». Il reconnaît toutefois penser que Vladimir Poutine pourrait attaquer un pays de l’Otan : « il ne faut jamais écarter l’hypothèse du pire ». Dans ce contexte tendu, on dit que la Chine pourrait faire pression sur Moscou et obtenir de véritables négociations. Selon l’économiste, « Pékin a certainement des clés, et peut jouer un rôle dans ce conflit ». Jacques Attali suggère que la Chine puisse acheter massivement des produits russes et développer le yuan, la monnaie chinoise comme une monnaie de concurrence au dollar : « elle jouerait un rôle nouveau ». Il estime même qu’en écartant la Russie de l’Europe, il y a un risque de constitution d’une entité Russie/Inde/Chine qui pourrait devenir une véritable entité puissante et appelle « à ne pas se réveiller dans 10 ans ».

Béatrice Mouedine

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