Guerre en Ukraine : Face à l’enlisement du conflit, la menace d’une « guerre sale »

Markus Schreiber/AP/SIPA

Après un mois de guerre, la Russie n’a pas atteint ses objectifs de conquête sur l’Ukraine. L’enlisement du conflit entraîne les spécialistes à craindre un durcissement des conditions sur place.

La stagnation de l’armée russe risque de durcir le conflit

Cela fait un mois jour pour jour que la guerre en Ukraine a commencé. Cette « opération spéciale », pour reprendre les mots de Vladimir Poutine, n’était censée durer que 3 jours, le temps de décapiter le pouvoir ukrainien. Pourtant, l’armée ukrainienne appuyée par des volontaires civils a su en 4 semaines opposer une farouche résistance. En effet, malgré la prise de Kherson au sud du pays et l’entrée des troupes russes dans la ville portuaire de Marioupol, la capitale Kiev résiste toujours. On peut alors se demander si Vladimir Poutine peut encore gagner la guerre, et comment le conflit va évoluer ?

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Le maître du Kremlin voulait renverser le pouvoir de Kiev et s’emparer de la totalité du territoire. Un mois plus tard l’objectif paraît hors de portée. Face aux difficultés des deux armées, Olivier Kempf, directeur du cabinet stratégique La Vigie, prédit désormais une immobilisation du conflit : « si dans la durée, la ligne de front se solidifie, cela ne veut pas dire que le conflit cessera. Il y aura des escarmouches et des morts pendant encore longtemps dans une Ukraine divisée par la guerre ».

La Russie pourrait se contenter d’un tiers de l’Ukraine

Vladimir Poutine pourrait se satisfaire d’une division de l’Ukraine, le long d’une ligne entre Kharkiv et Odessa, estime le géopolitologue Jean-Sylvestre Mongrenier : « Vladimir Poutine se contentera peut-être d’un tiers du territoire de l’Ukraine. Auquel cas on assisterait à la naissance d’une Ukraine occidentale n’ayant plus accès à la mer Noire. Ce scénario n’exclut pas une montée significative de la violence dans le pays ».

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C’est la possibilité d’une guerre sale, où les civils seront délibérément pris pour cibles, comme c’est parfois déjà le cas, qui menace alors l’Ukraine. Certains redoutent également l’utilisation des armes chimiques, explique Marie Dumoulin du Conseil européen pour les relations extérieures : « la Russie a probablement conservé des armements biologiques. On ne peut exclure la possibilité que Poutine utilise des armes catégoriquement proscrites ». Une méthode brutale qui permettrait à l’armée russe de vider les villes assiégées et terroriser celles qui résistent encore.

Marc Teddé 

Ecoutez le reportage de Marc Teddé : 

 

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