A Tchernobyl, « pas de rotation du personnel depuis une semaine » : quels sont les risques ?

Crédits : Tim Porter / wikimedia commons

L’Agence internationale de l’énergie atomique renouvelle ses inquiétudes quant à la situation des centrales nucléaires en Ukraine, surtout vis-à-vis de la centrale de Tchernobyl où « il n’y a pas eu de rotation du personnel depuis près d’une semaine ».

La centrale de Tchernobyl est à l’arrêt depuis 2000

Le personnel qui a travaillé la semaine dernière n’a pas pu être relayé car la ville de Slavoutytch où résident les agents est encerclée par l’armée russe. Le régulateur dénonce donc l’état du stress du employés du site. La situation remet en cause l’un des 7 piliers de la sûreté nucléaire énoncés par l’AIEA : la capacité des agents à prendre des décisions sans pression excessive. Le risque, c’est l’erreur humaine, avec des conséquences quand même limitées, explique Emmanuelle Galichet enseignante chercheuse en physique nucléaire au Conservatoire national des Arts et Métiers : « l’erreur humaine ne va pas engendrer une explosion ou une fusion du cœur de réacteur ».

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« Le réacteur va s’arrêter si les capteurs ressentent une hausse des températures ou de pression », indique-t-elle, expliquant que la chaleur résiduelle qui vient des produits de fission et des combustibles est déjà prise en charge de manière automatique. Le rôle des opérateurs sur le site de Tchernobyl est donc davantage limité à de la surveillance. La chercheuse rappelle aussi que la centrale de Tchernobyl est à l’arrêt depuis 2000, ce qui, selon elle, écarte encore plus le risque d’un accident nucléaire dans l’installation.

Anna Huot

Ecoutez le reportage d’Anna Huot (3’10) : 

 

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