Shi Pei Pu, l’espion chinois qui a vécu 20 ans avec un diplomate français en se faisant passer pour une femme

REX FEATURES/SIPA

C’est l’histoire d’une illusion orchestrée par Pékin autour d’un comptable français. Bernard Boursicot a vécu une histoire d’amour avec un homme sans le savoir, et a même cru à la naissance d’un enfant. Une affaire qui a inspiré une pièce de théâtre à succès, M. Butterfly – une référence à l’opéra de Puccini – et à un film de David Cronenberg.

La Chine communiste de 1964 est devenue depuis peu un acteur incontournable de la scène internationale. Puissance atomique, la République Populaire de Chine est désormais reconnue officiellement, notamment par le général de Gaulle. C’est dans ce contexte qu’est constituée une équipe de diplomates, qui occupera la nouvelle ambassade de Pékin.

Shi Pei Pu, avant 1960 – Wikimedia commons

La capitale chinoise est encore très fermée, les visites sont strictement contrôlées et peu d’occidentaux vivent sur place. Le jeune Bernard Boursicot, seulement 20 ans, arrive en octobre 1964 comme comptable dans cette ambassade. Ne parlant pas un mot de mandarin, il est entraîné dans cette ville mystérieuse au climat politique tendu.

Une supercherie pilotée par Pékin

Il y fait la connaissance d’un chanteur d’opéra de 26 ans qui s’exprime avec aisance en français, Shi Pei Pu. Les deux hommes deviennent amis. Le jeune chinois lui « révèle » en mai 1965 qu’il est en réalité une femme, élevée comme un homme pour des questions d’héritage et de transmission.

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Bernard Boursicot est jeune, isolé dans cette ville immense, et ne peut pas déjouer la supercherie. D’autant que Shi Pei Pu prend soin de masquer dans l’intimité sa vraie nature, en ne se déshabillant pas totalement et en restant dans le noir. Cette liaison amoureuse prend une autre tournure lorsque Shi Pei Pu annonce au diplomate sa grossesse.

Cette machination va pousser le jeune homme à livrer des informations à la Chine pour « protéger » la  mère et leur fils.

Franck Ferrand vous raconte cette mystification à peine croyable.

 

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