En juillet 1870, Napoléon III et son fils, le prince impérial âgé de 14 ans se rendent à Metz pour combattre contre la Prusse. Eugénie, épouse de l’un et mère de l’autre, est à la fois angoissée et fière. Elle est régente, en charge de l’Etat pour tout le temps des opérations.
Eugénie a d’ailleurs tout fait pour que la France se batte, sous la pression de l’opinion, alors que le régime, à bout de souffle, entretient mal son armée. L’empereur quant à lui est un homme diminué, malade, si blême au moment de partir qu’il a été maquillé pour que son image ne soit pas trop désastreuse.
Elle se tient au courant grâce au télégraphe, apprend le demi-succès de l’armée française à Sarrebruck, et sa défaite à Wissembourg. Puis les mauvaises nouvelles vont s’enchaîner, jusqu’au 9 août, jour où elle s’oppose au retour de l’empereur à Sedan au nom de « l’honneur du régime ».
Eugénie est menacée à Paris
Le 2 septembre, c’est la défaite de Sedan, et la dépêche qui l’annonce est devenue célèbre. Napoléon III écrit : « L’armée est défaite. N’ayant pu me faire tuer au milieu de mes soldats, j’ai dû me constituer prisonnier pour sauver l’armée ». C’est la surprise à Paris, et l’impératrice se met en colère face à cette débâcle.
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Le dimanche 4 septembre 1870, aux Tuileries, Eugénie se lève très tôt après une nuit sans sommeil. Elle a entendu la messe, bu deux tasses de café noir et avalé un petit morceau de pain parce qu’on l’en a quasiment forcé. Il n’est pas question pour elle de quitter Paris.
Et pourtant, dans les rues, les symboles du régime sont attaqués. La place de la Concorde est noire de monde et on entend crier « République ! République ! Mort à l’Espagnole ». L’Espagnole, c’est elle, Eugénie de Montijo, née à Grenade. Elle va devoir se rendre à l’évidence, elle ne peut plus rester en France.
Franck Ferrand vous raconte sa fuite, un exil mêlé d’humiliation pour l’épouse de Napoléon III
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