La jeunesse d’Adolf Hitler, entre mauvais traitements, études médiocres et raté artistique

MARY EVANS/SIPA

Avant la guerre, avant la politique, avant l’horreur, il y a eu une jeunesse. Voici le parcours peu connu d’Adolf Hitler, un homme encore sans nom, entre errance et ambition.

Adolf Hitler naît dans l’empire austro-hongrois, du côté autrichien, en 1889. Il vit avec ses parents et ses quatre frères et sœurs. L’aîné finit par fuguer à cause des mauvais traitements infligés par le père Alois. C’est une famille recomposée. Le père, âgé de 59 ans au moment de la naissance d’Adolf, en est à son troisième mariage. Sa mère Clara, une cousine au deuxième degré, a 29 ans. Elle fut d’abord sa gouvernante, puis sa maîtresse, avant le mariage en 1885.

Alois Hitler, qui a fait toute sa carrière dans les douanes, choisit juste avant la retraite de faire de sa passion un métier : il devient apiculteur. Toute la famille le suit à la campagne, mais c’est un échec. Cela n’arrange pas son caractère : Alois est un homme autoritaire et brutal, quand Clara protège le petit Adolf. Il y a un rapport déséquilibré entre un père dur et une mère effacée.

Irascible, voulant toujours avoir le dernier mot, Hitler est un mauvais élève

Au collège, Adolf Hitler se montre paresseux, indiscipliné et rêveur. Comme il montre une certaine aptitude au dessin, il s’imagine artiste. A l’adolescence, il a déménagé sept fois, toujours dans la région, ce qui ne facilite ni le bon déroulé de ses études ni ses relations sociales. Il est irascible, voulant toujours avoir le dernier mot.

Son père Alois, qui veut le voir devenir fonctionnaire, meurt subitement d’une crise cardiaque. Attablé dans une brasserie, il tombe raide, un verre de vin à la main. Sa mère Clara, qui élève désormais seule ses enfants, obtient une aide bien maigre de l’Etat autrichien et la moitié de la pension de son mari. Il ne lui reste plus grand-chose pour vivre.

Le refus de trop pour Adolf Hitler

Adolf se consacre au dessin, finit par se lier d’amitié avec un jeune musicien, August, qu’il rencontre à l’opéra de Linz. Ils parlent musique, aiment Richard Wagner, Gustav Mahler et Felix Mendelssohn. A 17 ans, il a l’ambition d’aller à Vienne pour entrer à l’Académie des Beaux-Arts. Sa mère Clara, atteinte d’un cancer du sein, lui cache sa maladie pour ne pas perturber ses plans. Il se présente au concours d’admission de l’école des Beaux-Arts de Vienne, et échoue. C’est une blessure d’ego considérable pour lui.

Quand sa mère meurt, il est ravagé. Il a seulement 18 ans, et vit avec sa sœur de 12 ans à Vienne, chez leur parrain et marraine. Il n’a pas d’argent, peint des cartes postales. Lorsqu’il retente les Beaux-Arts, un nouveau refus le mine profondément. Son ami August est admis à l’Académie de Musique, et dans la foulée, Adolf rompt tout lien d’amitié avec lui.

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Il atteint l’âge du service militaire, et se voit réformer car il est sans domicile fixe. C’est précisément à cette période qu’il cultive ses idées pangermanistes qui feront de lui le bourreau de toute l’Europe.
Dans ce nouvel épisode des Grands Dossiers de l’Histoire, Franck Ferrand revient sur les jeunes années d’Adolf Hitler, et les différentes désillusions qui ont nourri sa noire ambition…

Franck Ferrand

 

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