Alors que le nom de Mohandas Gandhi est universellement connu, celui de son épouse, Kasturba, reste souvent dans l’ombre. Et pourtant, cette femme au caractère fort, à la fois épouse, militante et figure spirituelle, a été la première à incarner les idéaux de résistance pacifique et non-violence. Retour sur le parcours d’une pionnière, à la fois discrète et essentielle.
Mariée à 13 ans à Mohandas Gandhi
Kasturba Makhanji, née en 1869 dans le Gujarat, est promise dès ses 7 ans à un garçon de son âge : Mohandas Karamchand Gandhi. Le mariage, célébré alors qu’ils ont tous les deux 13 ans, obéit aux traditions hindoues et le jeune Gandhi, jaloux et autoritaire, impose sa volonté. Plus tard, il reconnaîtra que Kasturba, par sa patience et sa dignité, lui a appris la tolérance et le respect. Ce couple, formé dans la contrainte, deviendra un véritable duo spirituel et politique.
Une rebelle au sein du foyer
Loin d’être soumise, Kasturba résiste à son mari et affirme son indépendance. Elle sort sans son autorisation, apprend à lire et à écrire seule, et défie les règles patriarcales. Cette résistance marque Mohandas, qui en tire les principes de Satyagraha (résistance pacifique) et d’Ahimsa (non-violence).

Sans s’en rendre compte, Kasturba devient la première disciple et la première inspiratrice du Mahatma.
De l’épouse au symbole
Lorsque Mohandas part en Afrique du Sud, Kasturba le rejoint et découvre les injustices du colonialisme. Elle endure les mêmes humiliations que son mari et s’engage à ses côtés dans la lutte contre les lois discriminatoires.
L’ombre lumineuse derrière le père de la nation indienne
En 1913, elle participe à une grande manifestation de femmes indiennes contre la décision britannique de rendre illégaux les mariages non chrétiens. Arrêtée et condamnée à trois mois de travaux forcés, elle tombe malade mais devient la première femme du mouvement indien à être incarcérée pour une cause politique.
L’âme de l’ashram et la voix des femmes
De retour en Inde, Kasturba vit avec Mohandas dans l’ashram du Sabarmati, symbole de simplicité et de partage. Bien qu’attachée aux traditions hindoues, elle encourage les femmes à s’instruire, à participer aux mouvements politiques et à sortir de la sphère domestique.
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Pendant la Marche du sel et les campagnes de désobéissance civile, elle encourage les femmes à s’engager, leur montrant que la liberté de l’Inde passait aussi par l’émancipation féminine.
La fin d’une vie de dévouement
En 1942, lors du mouvement Quit India, Kasturba et Mohandas sont arrêtés et emprisonnés. Fragilisée par la maladie, elle meurt le 22 février 1944, à 74 ans, la tête posée sur les genoux de son mari. Mohandas dira d’elle qu’elle était partie comme une véritable « satyagrahi », fidèle jusqu’au bout à la vérité et à la non-violence.
Franck Ferrand raconte la vie tumultueuse de cette femme discrète et forte, influence du Mahatma et témoin de l’éveil d’une Inde en marche vers son indépendance.
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