Claude Debussy et la Grande Guerre : 4 oeuvres engagées du compositeur français que vous ne connaissez pas

MARY EVANS/SIPA

Au crépuscule de sa vie, un drame humain se produit : celui de la guerre, plongeant l’Europe dans un chaos qui aura laissé derrière lui près de 20 millions de mort. Claude Debussy, alors âgé de 52 ans au début de la Première Guerre mondiale, contribue lui aussi à l’effort de guerre. Retour sur 4 oeuvres engagées.

Berceuse héroïque

Eté 1914. L’armée allemande envahit le Royaume de Belgique. Le King Albert’s Book, un recueil d’œuvres littéraires, musicales et picturales est vendu en 1914 au profit des victimes de l’invasion avec, à l’intérieur, l’une des premières contributions patriotiques de Debussy : la Berceuse héroïque. Une pièce sombre et mélancolique où l’on peut entendre en toile de fond l’hymne national belge, La Brabançonne.

 

Pour l’œuvre du « Vêtement du blessé »

Comme une éclaircie au milieu du tumulte de la guerre, la pièce Pour l’œuvre du « Vêtement du blessé » fut composée par Debussy en 1915 dans le cadre d’un gala de bienfaisance donné par l’association « Vêtement du blessé ».

Des concerts pour les victimes de guerre

Cette œuvre pour piano seule est dédiée à son épouse, Emma – « Pour le « vêtement » de ma petite mienne » – qui était un membre de l’association. L’objectif de ce genre de concert permettait de reverser le montant des recettes aux victimes de guerre.

 

Noël des enfants qui n’ont plus de maisons

Cette pièce pour voix et piano s’inscrit dans la pure tradition des chants de Noël. Seules les paroles viennent rappeler le contexte dans lequel cette œuvre s’inscrit : celui d’un pays occupé par les forces allemandes, où les enfants, livrés à eux-mêmes, n’ont plus qu’à prier pour changer l’issue de la guerre et espérer la victoire des alliés : « Ils ont brûlé l’école et notre maître aussi, / Ils ont brûlé l’église et monsieur Jésus-Christ, / Et le vieux pauvre qui n’a pas pu s’en aller ! / Noël ! Écoutez-nous, nous n’avons plus de petits sabots ! / Mais donnez la victoire aux enfants de France. »

 

Sonate pour violon et piano

Troisième volet d’un cycle inachevé de sonates écrit « pour divers instruments », la Sonate pour violon et piano fut accouchée dans la douleur et pas vraiment appréciée par son géniteur : « […] un exemple de ce qu’un homme malade peut écrire pendant une guerre. » écrit Debussy à l’un de ses fidèles correspondants, Robert Godet.

Debussy emporté par un cancer quelques mois avant la fin du conflit

La création de cette œuvre fut donnée par le compositeur lui-même et par le violoniste Gaston Poulet à l’occasion d’un concert donné par l’association « Le Foyer du Soldat aveugle » le 5 mai 1917, à la Salle Gaveau.  C’est également la dernière fois que l’on verra le compositeur jouer en public, souffrant d’un cancer du rectum qui l’emportera l’année suivante, le 25 mars 1918, soit quelques mois avant la fin du conflit.

 

Clément Serrano

 

Pour en savoir plus sur Debussy

Vous avez aimé cet article ?

Téléchargez l'application
et prolongez l'expérience avec nos webradios musicales.

Téléchargez l'application