La sécheresse menace la France, la production agricole pourra-t-elle faire face ?

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La sécheresse menace aujourd’hui l’Hexagone et cela fait trembler l’agriculture française. Le Covid et la guerre en Ukraine auraient presque fait oublier le changement climatique et les désordres écologiques.

Le déficit pluviométrique est de 18 % en moyenne et de 60 % dans l’Indre

La crise environnementale, présente avant la crise sanitaire, n’a pas disparu. Si l’évolution de la météo est à la fois structurelle et conjoncturelle, et s’analyse autant à long qu’à court terme, cette année on ne peut nier qu’il n’a pas assez plu en France. Ainsi, les Français se dirigent vers une sécheresse qui risque d’impacter la production agricole, juste au moment où les besoins de production sont les plus importants. S’il est trop tôt pour affirmer que la situation est catastrophique, il est certain que le contexte va se tendre tout au long de l’année. En effet, cet hiver, la pluie n’est guère tombée.

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Le niveau des précipitations a atteint 164 mm, bien en dessous des 199 mm correspondant à la normale. Le déficit pluviométrique est de 18 % en moyenne et de 60 % dans l’Indre par exemple. Même si la France a déjà connu pire, cela risque de poser problème, car la plupart des nappes phréatiques sont dans une situation jugée  « peu satisfaisante » d’après les autorités. Les grands barrages (ceux de plus de 150 millions de m3) sont loin d’être pleins. Les lacs réservoirs de la région Champagne, qui desservent l’agglomération parisienne, affichent un taux de remplissage compris entre 74 % et 83 %. Celui de Serre-Ponçon, qui alimente le canal de Provence et fait tourner l’activité agricole de cette région, se trouve dans le même cas.

Certaines régions françaises vont basculer en « alerte renforcée »

On se demande alors, à quel point la sècheresse impactera la production agricole française. Il est censé pleuvoir cette semaine, mais la pluie ne pourra pas entièrement pénétrer les sols devenus très secs à cause des temps arides. Pour ne pas arranger les choses, Météo France annonce un été plus chaud et plus sec que la normale. Si la météo n’est pas une science exacte, le risque que les rendements soient moins bons, au moment où la demande et les prix explosent, est bien réel. Cette situation tendue va fatalement faire basculer des régions dans ce qu’on appelle l’« alerte renforcée ». C’est-à-dire qu’on limite de 50 % les captages agricoles. L’échelon d’alerte supérieur correspond à l’« arrêté de crise », où les prélèvements d’eau se limitent à des usages prioritaires comme la santé ou la sécurité civile. Cela ne serait évidemment pas bon pour les récoltes. On ne peut pas rogner sur les engrais et les pesticides tout en conservant l’eau. Ce n’est donc pas encore la catastrophe mais à la manière du gaz russe, l’effort devra être collectif. Si l’on veut réduire notre dépendance au gaz russe, il faut commencer par moins se chauffer. Pour préserver l’eau il va donc peut-être falloir moins laver sa voiture ou ne pas forcément changer l’eau de la piscine.

David Barroux 

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