Chine : Le ralentissement économique lié en partie à la volonté de Pékin

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Xi Jinping est le maître incontesté de la Chine ! La réunion des instances dirigeantes du parti communiste chinois qui s’est ouverte ce lundi 8 novembre va être l’occasion de le vérifier une nouvelle fois. Mais le ralentissement économique en cours dans le pays constitue un défi de taille pour le maître de Pékin.

Pékin a repris en main les géants chinois de la tech

Le coup de mou de la croissance chinoise est indéniable. Avec une hausse du PIB inférieure à 5% au troisième trimestre, la locomotive de l’économie mondiale ralentit dans des proportions plus vues depuis vingt ans. Mais attention à ne pas se tromper sur le sens de ce coup de frein. Car s’il est dû en partie à des pénuries de matières premières, de matériaux et d’électricité qui devraient se prolonger, il résulte aussi et peut-être surtout de la volonté de Pékin de rééquilibrer le modèle économique national en faveur des classes moyennes.

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Un projet politique qui s’est traduit dans un premier temps par la reprise en main des géants chinois de la tech et qui explique désormais l’atterrissage brutal du très important secteur de la construction, dont les difficultés du promoteur Evergrande sont le symbole. Deux choses sont sûres. D’abord, que le temps où l’économie locale était un espace de liberté sans limite ou presque est révolu. Ce qui aura forcément des conséquences pour les groupes étrangers installés sur place à un moment ou à un autre.

Xi Jinping veut réduire la dépendance de la Chine vis-à-vis de l’extérieur

Et puis surtout, la seconde certitude, c’est que ce phénomène s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus vaste. Celui d’un découplage en cours entre la Chine et le reste du monde. Liée aux tensions avec les Etats-Unis, cette volonté de Pékin de réduire la dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur tout en affirmant la puissance chinoise constitue le fil rouge de l’action de Xi Jinping depuis le début de la pandémie. Fermeture des frontières au nom de la stratégie « zéro Covid », annexion officieuse de Hong-Kong, mise au pas de l’économie donc et, ces jours-ci, politique de la chaise vide à la COP26, les exemples ne manquent pas et cela ne doit rien au hasard.

François Vidal

 

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