Casino : Le poids lourd français de la grande distribution s’effondre en bourse

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Le cours de bourse du groupe de distribution Casino a chuté de plus de 13% hier, le 31 janvier. Comment expliquer un tel recul ?

Les ventes de produits de grande consommation ont baissé de -3 à -5%

Le groupe Casino est un des poids lourd français de la grande distribution. Propriétaire des hypermarchés Géant, des supermarchés Casino, des magasins très urbains comme Monoprix ou Franprix, c’est aussi le groupe qui contrôle Naturalia et Cdiscount. Le groupe Casino est donc un acteur diversifié et vendredi soir, après la clôture de la bourse, il a glissé discrètement une petite information qui a fait l’effet d’une bombe. Casino a annoncé que « le marché de la distribution alimentaire avait été conjoncturellement en retrait au 4ème trimestre 2021 en France dans des proportions plus fortes qu’attendues ». En clair, les Français font moins de courses et ce n’est pas bon pour les enseignes du groupe.

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Les chiffres de vente des produits de grande consommation sont en effet en recul : il y a des baisses qui, selon les régions, vont de -3 à -5%. Il y a déjà un effet de comparaison. En 2020 on était dans une période avec davantage de stress lié au Covid, donc plus d’achats de précaution. Il y avait des restaurants encore fermés donc plus de courses à faire pour manger à la maison. L’autre différence est que depuis quelques mois, on arrête pas de dire aux Français que l’inflation est de retour. Même si cela ne se voit pas encore trop dans les chiffres, on a peut-être créé un climat un peu plus anxiogène. Du coup, le consommateur est peut-être plus prudent et il consomme peut-être moins.

La situation est moins difficile pour Leclerc ou Lidl

Mais dans ce cas, tous les distributeurs ne devraient-ils pas souffrir et pas seulement le groupe Casino ? Les temps sont sans doute durs pour tout le monde mais plus pour certains que pour d’autres. Le groupe Casino est très fort à Paris et il dépend plus des touristes par exemple, que les autres distributeurs. Les enseignes comme Naturalia ou Monoprix se différencient plutôt par le choix et l’offre produit, que par le prix. Et si le consommateur cherche plus de promotions parce qu’il est inquiet, la situation est plus difficile pour Casino que pour Leclerc ou Lidl.

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Enfin, il y a des tendances structurelles et des évolutions de marché qui pénalisent Casino. Le drive est un segment en forte croissance et ce segment est pour moitié entre les mains de Leclerc qui est plus de deux fois plus gros sur ce créneau, que le numéro deux Carrefour. Quand le drive prend des parts de marché, Casino en perd. Et en ville, même si cela reste marginal, le quick commerce c’est-à-dire la livraison en 15 minutes, se développe et rend la concurrence plus rude pour Monoprix et Franprix qui étaient plus incontournables quand seule la proximité et le nombre de points de vente comptaient. Dans la tempête, les bateaux les plus solides encaissent mieux les vagues. Aujourd’hui Casino a des atouts mais aussi plus de faiblesses que certains de ses concurrents et c’est pour cela qu’il souffre plus.

David Barroux

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