L’acteur de 95 ans aux deux Oscars pour French Connection et Impitoyable a été retrouvé mort avec sa femme, Betsy Arakawa, une pianiste classique de 63 ans dans leur maison de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, selon plusieurs médias américains. Le bureau du sheriff, cité par plusieurs médias, n’a pas précisé la cause du décès, tout en affirmant n’avoir pas trouvé de trace d’un acte criminel.
L’acteur, né en janvier 1930 en Californie, avait rencontré sa deuxième épouse, de 32 ans sa cadette, originaire d’Hawaï, à la fin des années 80 dans une salle de sport où elle travaillait à temps partiel tout en poursuivant une carrière de pianiste classique. Elle avait fait ses débuts sur scène à l’âge de 11 ans avec l’orchestre symphonique d’Honolulu.
Sur CNN, Gene Hackman expliquait en 2004 que son père avait quitté le domicile familial de l’Illinois (nord) lorsqu’il avait 13 ans. A 16 ans, au sortir de la Seconde guerre mondiale, Gene Hackman s’engage chez les Marines. Manque de chance, l’autorité ne lui réussit pas. « Je n’étais pas un bon Marine“, confie-t-il dans l’une de ses rares interviews accordée au journaliste vedette de la chaîne américaine, Larry King.
Reste le théâtre, la vie de bohème. Quelques cours à la Pasadena Playhouse, une prestigieuse école de Californie, un aller simple pour New York et voilà Gene Hackman, celui à qui de son propre aveu les professeurs prédisaient une piètre carrière, propulsé à Broadway. À l’époque, il arbore déjà moustache, rondeurs et calvitie, ses trois signes distinctifs.
Gene Hackman connaît la consécration à 40 ans
Très loin du Hollywood stardom, des palmiers et du soleil de la Californie, Gene Hackman réussit le tour de force de s’installer dans le paysage cinématographique américain avec un film qui se passe à New York, en plein hiver, qui parle de drogue, de violence, de dépression urbaine. French connection de William Friedkin, où il campe le légendaire flic Jimmy « Popeye » Doyle, l’installe définitivement dans le paysage du “nouvel Hollywood“. Pas de moustache pour French connection, mais un Oscar du meilleur acteur en 1971.
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Gene Hackman joue alors sous la direction de Francis Ford Coppola pour Conversation secrète, donne la réplique à Christopher Reeve dans Superman en 1978 et, surtout, joue le vagabond avec Al Pacino dans le méconnu L’Epouvantail, un film dont Gene Hackman disait qu’il était le préféré de toute sa carrière. Il gagne un second Oscar, celui du meilleur second rôle, dans Impitoyable de Clint Eastwood, où il campe un ancien tueur devenu shérif d’une petite ville du Wyoming.
Discret, Gene Hackman n’accordait que peu d’entretiens à la presse et fréquentait encore moins le monde en vase clos d’Hollywood. Conséquent avec lui-même et avec sa conception du métier d’acteur, l’acteur avait annoncé en 2008 sa retraite des plateaux de cinéma.
Philippe Gault (avec AFP)
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