USA : Les oiseaux migrateurs, « une menace » pour l’Orchestre Symphonique de Nashville

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Depuis quelques années la capitale du Tennessee est envahie chaque été par des nuées d’hirondelles noires avant leur migration annuelle vers l’Amérique du sud. Une situation qui n’est pas sans poser de gros problèmes aux responsables de la salle de concert de l’Orchestre Symphonique de Nashville qui ont l’intention de prendre des mesures drastiques pour remédier aux dégradations provoquées par les volatiles.

Le Nashville Symphony a dépensé près de 100 000 dollars à cause des hirondelles noires

Depuis une quinzaine d’années c’est le même spectacle, enchanteur pour certains, cauchemardesque pour d’autres. Des dizaines de milliers d’hirondelles noires (Purple martins) – plus de 150 000 en 2020 – en route pour leur migration annuelle vers l’Amérique du Sud, font étape à Nashville en juillet. Si touristes et enfants sont ravis par le spectacle du vol massif de ces oiseaux et par leurs chants, il n’en n’est pas de même pour les autorités locales et notamment pour les responsables du Schermerhorn Center qui abrite l’Orchestre symphonique de Nashville.

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En effet, en septembre dernier, alors que l’institution parvenait à peine à se relever de la pandémie de Covid-19, il lui a fallu dépenser près de 100 000 dollars pour nettoyer les dégâts provoqués par les volatiles et notamment les déjections qui altèrent le calcaire des pierres qui recouvrent le bâtiment néo-classique. Le président de Nashville Symphony estime que ce séjour annuel des hirondelles noires autour du Schermerhorn Center menace la survie de l’institution. « Aucun public ne veut entrer dans une salle de concert couverte de déjections d’oiseaux, mais la fermeture du bâtiment lors de leur prochaine visite des hirondelles noires représenterait 4 millions de dollars de manque à gagner. Ces oiseaux sont une menace existentielle » a déclaré Alan D. Valentine.

Les défenseurs de l’environnement regrettent que des arbres soient abattus pour éloigner les oiseaux

Les responsables de la salle de concert ont donc décidé d’abattre la quarantaine d’ormes qui bordent le bâtiment et qui sont très abîmés, promettant de les remplacer par des arbustes (pistachiers chinois, gainiers, magnolias, cerisiers …) moins prisés par les hirondelles noirs qui seraient alors contraintes de trouver d’autres perchoirs plus loin du Schermerhorn Center. Une décision qui ne fait pas l’unanimité à Nashville, surtout chez les défenseurs de l’environnement qui regrettent que l’orchestre n’ait pas plus écouté les organismes de conservation des arbres avant de décider d’abattre les ormes concernés. Un dilemme de cohabitation qui a même fait l’objet d’une tribune dans le New York Times.

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Un bénévole du Nashville Tree Conservation Corps s’interroge : « allons-nous abattre tous les arbres de Nashville où ces oiseaux se perchent ? Il serait plus intéressant de recouvrir les arbres concernés de filets ou d’éteindre les lumières qui attirent les hirondelles noires ». Alors qu’un autre, certainement plus mélomane, propose d’organiser une fois par an un concert qui jouerait de la musique « inspirée par les oiseaux, du Mozart ou du Haydn ».

Philippe Gault

 

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