Encensé pour son cycle Sibelius à Göteborg (Alpha), le chef finlandais signe ici sa deuxième collaboration discographique avec l’Orchestre londonien
Vaste poème symphonique sur la fin des temps, la Symphonie « Résurrection » témoigne de l’incroyable capacité de Mahler à projeter son angoisse métaphysique en immenses architectures dramatiques et musicales.
Le mouvement initial fixe le programme sous-jacent : il s’agit de la condition de l’homme et de sa terrible finitude. Tumultueux, avec l’irruption du Dies Irae, ce mouvement laisse place à un Andante souriant, dans l’esprit rustique d’un ländler. Mais le tumulte revient avec un rondo aux contours diaboliques.
Une interprétation électrisante de la « Résurrection »
Précédé de l’Urlicht, poignant appel vocal à la « lumière originelle », l’ultime mouvement recourt au poème éponyme de Klopstock, Résurrection, pour replonger le sujet humain dans son insoluble combat intérieur.
Enregistré en public au Royal festival Hall du Southbank Centre, l’Orchestre Philharmonia et son chef livrent une interprétation électrisante de la « Résurrection », traversée de fulgurances et de silences angoissés.
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Rouvali obtient un éclat particulier des bois et des cuivres ainsi qu’une large palette expressive des cordes : rarement la phalange londonienne aura semblé aussi galvanisée que sous la baguette du chef finlandais – élu premier chef invité en 2013. Le mezzo de Jennifer Johnston apporte une salvatrice touche maternelle à « Urlicht », cependant que le chœur entre en un spectaculaire crescendo lors du mouvement final que Rouvali investit d’une urgence peu commune.
Jérémie Bigorie
Gustav Mahler : Symphonie n° 2 « Résurrection ». Solistes, Orchestre Philharmonia, dir. Santtu-Matias Rouvali (2 CD Signum – distribué par UVM)
Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin.
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