Les « Symphonies parisiennes » de Haydn par Les Arts Florissants

Avec la parution de ce double-album, William Christie réalise « un vieux désir », comme il le dit lui-même : celui d’enregistrer l’intégrale des « Symphonies parisiennes » de Joseph Haydn.

Dans les années 1780, Paris était considéré en Europe comme l’épicentre de la musique instrumentale grâce à une organisation de concerts de renommée internationale, le « concert spirituel », où se produisaient les plus grands virtuoses européens.

Il devint impensable pour les organisateurs du Concert Spirituel de commencer chaque partie de leurs concerts autrement que par une symphonie de Joseph Haydn. Le véritable engouement qu’ont connu ses œuvres s’est poursuivi dans la deuxième décennie du XIXe siècle.

William Christie et ses Arts Florissants ne sont que grâce et élégance

Le groupe des six « Symphonies parisiennes » écrites par Haydn entre 1785 et 1786 pour les Concerts de la Loge Olympique —une société maçonnique où œuvrait l’un des meilleurs orchestres en Europe à cette époque— a rapidement gagné les faveurs du public parisien. Redonnées dans toute l’Europe, elles devinrent rapidement l’un des véritables sommets de la symphonie viennoise classique.

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William Christie et ses Arts Florissants, à qui l’on doit une précédente version de la Symphonie n° 85 « La Reine » en 2016 chez le même éditeur, ne sont que grâce et élégance dans ces quatre symphonies sélectionnées (manquent à l’appel « L’Ours » et « La Poule »). Preuve, s’il en était besoin, qu’il n’est pas nécessaire de bousculer ces partitions par des accents rageurs et des tempos précipités pour recueillir l’adhésion du public : celui-ci, le moment venu, applaudit généreusement cet art de la mesure, des respirations et des équilibres souverains que le maestro façonne comme on cultive un jardin à la française. D’autant que les chefs de pupitres ornementent et rivalisent à plaisir. Fort d’une technique solide et d’une générosité dans l’expression, Théotime Langlois de Swarte offre un complément de choix avec le Concerto pour violon n° 1 qu’il dirige de l’archet.

Jérémie Bigorie

Joseph Haydn : Symphonies « Parisiennes ». Concerto pour violon n° 1. Théotime Langlois de Swarte (violon), Les Arts Florissants, dir. William Christie. Harmonia Mundi (2 CD)

Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin.

 

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